De Verlaine à Prévert en passant par Hugo, voici Paris en poésie.

La capitale française est une incroyable source d’inspiration pour les artistes. Rien d’étonnant donc au fait que plusieurs poètes aient consacré une ou plusieurs œuvres à la Ville lumière. De Verlaine à Prévert en passant par Hugo, voici Paris en poésie

 

1. Paris de Paul Verlaine (1893)

Poète et écrivain du 19e siècle, Paul Verlaine a rendu hommage à Paris avec ce superbe poème :

« Paris n’a de beauté qu’en son histoire,

Mais cette histoire est belle tellement !

La Seine est encaissée absurdement,

Mais son vert clair à lui seul vaut la gloire.

 

Paris n’a de gaîté que son bagout,

Mais ce bagout, encor qu’assez immonde,

Il fait le tour des langages du monde,

Salant un peu ce trop fade ragoût. […] »

 

2. Le Pont Mirabeau – Guillaume Apollinaire (1912)

Poète majeur du début du 20e siècle, Guillaume Apollinaire a écrit ce célèbre poème sur l’un des ponts parisiens les plus connus :

« Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu’il m’en souvienne

La joie venait toujours après la peine.


Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure […] »

 

3. Sonnet, Les Contes d’Espagne et d’Italie – Alfred de Musset (1829)

Au début du 19e, Alfred de Musset, poète et dramaturge romantique, évoque la capitale française dans son Sonnet.

« […] J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,

Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume

J’entends encore au vent tes postillons crier,


Que j’aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine

Sous ses mille falots assise en souveraine ! […] »

 

4. Paris, Jules Supervielle (Poèmes de la France malheureuse, 1939-1945)

Jules Supervielle, poète et écrivain franco-uruguayen a vécu ses derniers jours à Paris au sujet de laquelle il a écrit :

« Ô Paris, ville ouverte

Ainsi qu’une blessure,

Que n’es-tu devenue

De la campagne verte.


Te voilà regardée

Par des yeux ennemis,

De nouvelles oreilles

Écoutent nos vieux bruits.


La Seine est surveillée

Comme du haut d’un puits

Et ses eaux jour et nuit

Coulent emprisonnées […] »

 

5. Chanson de la Seine – Jacques Prévert (1951)

Jacques Prévert est connu des petits comme des grands pour ses multiples poèmes. Dans Chanson de la Seine, un classique, il évoque Paris :

« La Seine a de la chance

Elle n’a pas de soucis

Elle se la coule douce

Le jour comme la nuit

Et elle sort de sa source

Tout doucement sans bruit

Et sans se faire de mousse

Sans sortir de son lit

Elle s’en va vers la mer

En passant par Paris

La Seine a de la chance

Elle n’a pas de soucis […] »

 

6. Sonnet, Poésies diverses — Paul Scarron (1654)

Au 17e siècle déjà, on célèbre Paris en lui dédiant des poèmes. Voici celui écrit par Paul Scarron :

« Un amas confus de maisons,

Des crottes dans toutes les rues,

Ponts, Églises, Palais, Prisons,

Boutiques bien ou mal pourvues,

[…]
Pages, Laquais, Voleurs de nuit,

Carrosses, chevaux et grand bruit :

C’est là Paris ; que vous en semble ? »

 

7. Chanson de la Seine – Jacques Prévert (1951)

Charles Baudelaire est certainement l’un des auteurs et poètes les plus célèbres du 19e. Lui aussi a été inspiré par Paris et plus particulièrement par son spleen.

 

« […] Que tu dormes encor dans les draps du matin,
Lourde, obscure, enrhumée, ou que tu te pavanes
Dans les voiles du soir passementés d’or fin,
Je t’aime, ô capitale infâme ! »

 

8. Paris – Louis Aragon (1944)

Né à la fin du 19e siècle et mort au début des années 1980, Louis Aragon a écrit Paris à l’âge de 47 ans en pleine Seconde guerre mondiale.

 

« […] Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est si fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers […] »

 

9. Paris blanc – Pierre Coran (20 e siècle)

Paris ne séduit pas uniquement les poètes français. Pierre Coran, auteur belge, a par exemple écrit Paris Blanc :

 

« La neige et la nuit

Tombent sur Paris,

À pas de fourmi.

 

Et la ville au vent
Peint l’hiver en blanc,
À pas de géant.

 

La Seine sans bruit
Prend couleur d’encens
Et de tabac gris […] »

 

10. Paris bloqué, recueil L’Année terrible – Victor Hugo (1872)

Grand auteur français, Victor Hugo a souvent offert une place dans ses œuvres à la ville de Paris comme ici dans Paris Bloqué.

 

« Ô ville, tu feras agenouiller l’histoire.

Saigner est ta beauté, mourir est ta victoire.

Mais non, tu ne meurs pas. […]

Dans l’admiration des peuples, dans la gloire,

Tu retrouves, Paris, bien plus que tu ne perds […] »

 

Avez-vous aimé cette pause poétique ? Avez-vous une préférence pour l’une des œuvres citées précédemment ?