Enquêtes : bon moral pour les professionnels de l’immobilier & mauvaise année pour l’investissement locatif

Entre fin août et début septembre, différents professionnels de l’immobilier ont été interrogés sur l’avenir de ce secteur au cours des 12 prochains mois. Taux, prix, transactions… Ils se montrent plutôt optimistes même si la suppression de certains dispositifs et le contexte économique actuel suscitent quelques inquiétudes. Parallèlement, le domaine de l’investissement locatif connaît une baisse d’intérêt.

 

Étude n°1 : les professionnels de l’immobilier ont le moral

Pour le baromètre du Crédit Foncier réalisé avec l’institut de sondage CSA, agents immobiliers, constructeurs, promoteurs et gestionnaires de patrimoines ont donné leur avis sur différentes questions.

 

Immobilier : 75 % d’optimistes

L’avenir du marché résidentiel sur les 12 prochains mois inquiète-t-il les professionnels de l’immobilier ? Il semblerait que non, car même si leur moral a baissé de sept points en un an, un expert sur quatre se dit confiant. La raison principale ? Les taux qui restent toujours bas. Ainsi, 52 % des experts interrogés estiment qu’au cours des derniers mois, le marché immobilier s’est stabilisé. C’est 10 % de plus qu’il y a un an. Cependant, 35 % des professionnels ayant répondu à l’enquête ont constaté une baisse de la primo-accession depuis début 2018. Et ce qui les inquiète, ce sont à la fois le contexte économique et la baisse des aides à l’accession.

 

Loi de Finances 2019 et prix de l’immobilier

Questionnés également sur la nouvelle loi de Finances, ils sont 85 % à estimer que la priorité est le retour du PTZ (Prêt à Taux Zéro) version 2017. En outre, 65 % jugent que l’APL accession (aide pour le logement) devrait elle aussi être rétablie. Pour rappel, elle a été supprimée fin 2017 par le gouvernement.

 

Du côté des prix, quel est le ressenti des professionnels ? Concernant l’évolution des prix de l’immobilier dans l’ancien, ils sont 53 % à prévoir une stabilité. Stabilité qu’ils anticipent également pour les transactions (54 %). En ce qui concerne les prix dans le neuf, 59 % prévoient là aussi une stabilité contre une poursuite de la hausse des prix pour environ 33 % d’entre eux. Pour 38 % des professionnels, le niveau des transactions – toujours dans le neuf – devrait lui se maintenir, tandis que 32 % pensent qu’il va progresser.

 

Étude n°2 : 2018, mauvaise année pour l’investissement locatif ?

Le Crédit Foncier a également réalisé une étude dédiée à l’investissement locatif. Les conclusions de celle-ci ne sont pas très positives pour ce secteur.

 

Portait type de l’investisseur locatif

Chaque année, le Crédit Foncier dresse le portait de l’investisseur locatif type. Cette année, ce dernier s’éloigne des clichés et idées reçues. Ainsi :

 

La majorité des bailleurs privés ne possède qu’un seul bien d’une surface moyenne de 45 mètres carrés ;

11 % des bailleurs privés sont locataires de leur propre logement notamment à cause des prix trop élevés qui ne leur permettent pas d’acheter là où ils souhaitent vivre ;

70 % des bailleurs vivent en couple et ont des revenus mensuels inférieurs à 6 000 euros à deux.

 

Mais cette étude ne dresse pas uniquement le portait du bailleur privé type ; elle fait aussi un point sur le secteur de l’investissement locatif qui semble perdre de son attractivité.

 

Locatif privé dans le logement neuf : une année en recul

C’est une première depuis cinq ans : le Crédit Foncier prévoit une année 2018 en recul pour le secteur du locatif privé dans le logement neuf. Cela signifie que pour la première fois depuis 2013, la part de logements neufs achetés pour être mis en location va baisser. Les raisons ? Elles sont diverses.

 

On peut ainsi citer la mise en place du prélèvement à la source qui soulève bien des questions auprès des investisseurs. Il y a aussi la création de l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) ou encore le taux d’imposition unique à 30 % sur tous les revenus du patrimoine hors immobilier.

 

Actuellement, le parc locatif privé appartient à 96 % de particuliers et 60 % des biens sont des studios ou des deux-pièces idéaux pour les jeunes (étudiants…), mais aussi pour les Français aux revenus les plus modestes.

 

Bon moral pour les professionnels, mauvaise année pour l’investissement locatif… Qui sait, les 12 prochains mois vont peut-être réserver quelques surprises dans le secteur de l’immobilier !