Les prix de l’immobilier en baisse à Paris, une première depuis 2014 !

L’information provient d’une start-up spécialisée dans le big data immobilier et les intelligences artificielles : le marché de l’immobilier parisien enregistre une légère baisse des prix sur les derniers mois, c’est une première depuis 6 ans. Alors même que les tarifs s’envolent dans toutes les grandes villes de France (+ 12,02 % à Lyon, par exemple), la capitale est la seule à démontrer un léger fléchissement. Cette tendance pourrait-elle se confirmer ces prochains mois ? Les professionnels du secteur ne privilégient pas de scénario spécifique à l’heure actuelle.

 

Une inflation dans toutes les grandes villes, sauf Paris !

Dans son étude récemment publiée, la start-up PriceHubble montre que, ces 7 derniers mois, les prix de l’immobilier ont progressé dans toutes les villes françaises, sauf Paris. Les inflations les plus importantes sont observées sur Lyon (+ 12,02 %), Strasbourg (+ 11,42 %), Lille (+ 11,16 %) ou encore Rennes (+ 8,59 %).

Alors même que toutes les grandes agglomérations sont associées à une élévation des prix de vente dans l’immobilier (Nantes, Bordeaux, Marseille, Nice, Toulouse, etc.), seule Paris fait exception, avec une légère baisse de 0,42 %… C’est la première fois que la tendance est à la baisse depuis 2014 !

Selon Loeiz Bourdic, directeur PriceHubble France pour cette étude, il va falloir suivre de très près les tendances ces prochains mois, car il est difficile à l’heure actuelle de savoir si ce ralentissement matérialise le début d’une baisse plus importante.

 

Pas de véritable baisse pour les notaires, mais plutôt un ralentissement de la hausse

Cette étude fait déjà couler beaucoup d’encre parce qu’elle fait part d’un fait assez inattendu, mais elle suscite aussi la méfiance des notaires, qui ne valident pas cette notion de baisse des prix de vente.

De leur côté, dans la note de conjoncture émise en juillet dernier, ils ont préféré parler d’un « net ralentissement de la hausse », sans toutefois évoquer de baisse comme l’a fait PriceHubble. Ce document stipulait malgré tout que les prix avaient plutôt tendance à stagner, ce qui prouve bien que la dynamique a légèrement changé, après des années d’inflation et de hausses atteignant régulièrement de nouveaux records.

 

Des chiffres qui demandent à être confirmés ces prochains mois

Pour publier son étude concernant les tendances du marché de l’immobilier dans les grandes villes de France, PriceHubble a passé au peigne fin 15 879 annonces actives sur la capitale, entre la période du 1er janvier et du 31 juillet 2020. La courbe qui se dessine sur cette période prend la forme d’une cloche, comme l’explique Loeiz Bourdic : 12 000 € par mètre carré en janvier, puis 12 600 € en avril avant une baisse à 11 950 € en juillet, légèrement en dessous de la base effective au début de l’année.

Finalement, bien que ces chiffres attestent d’une véritable baisse, il faut garder en tête qu’elle reste très timide et « peu significative » selon les termes de PriceHubble… La start-up estime que même si cette tendance venait à s’intensifier d’ici la fin de l’année, on assisterait plutôt à un léger recul, tandis que les probabilités de voir se confirmer une véritable baisse des prix demeurent faibles.

En parallèle, on peut s’étonner de voir que Paris est la seule ville à montrer cette tendance, tandis que les prix ont grimpé dans toutes les autres villes étudiées. Ici encore, PriceHubble semble avoir une explication : la capitale aurait une petite avance sur la Province, et d’autres grandes villes pourraient vivre le même scénario d’ici quelques semaines ou mois.

 

Pas de krach à prévoir selon les professionnels de l’immobilier

Dans un contexte où la crise du Coronavirus et les conséquences du confinement génèrent beaucoup d’angoisse sur le plan économique, les professionnels de l’immobilier se veulent plutôt rassurants. Pour Alain Dinin, directeur général de Nexity interviewé par le JDD, il n’est pas question de redouter un « krach » ou une « baisse massive des prix » à l’heure actuelle.

Toutefois, celui-ci admet que dans les villes où l’économie n’était déjà pas en très bonne santé, une baisse des tarifs plus importante reste possible. Cependant, sur Paris, le risque n’est pas identique. Ici, il faut avoir en tête que l’inflation subie depuis de nombreuses années a amené certains arrondissements sur des tarifs excessifs, qui pourraient être « corrigés » prochainement, sans toutefois chuter de manière trop pénalisante pour les vendeurs.

Parmi les facteurs qui vont être déterminants pour la suite, on cite la reprise des chantiers de construction. En effet, la baisse de production dans le domaine du logement liée à la Covid-19 va se répercuter sur les années 2020 et 2021 et influer sur les tarifs. Si 400 000 mises en chantier avaient été enregistrées en 2019, on table sur seulement 300 000 en 2020 et moins de 280 000 en 2021.

Pour finir, les professionnels de l’immobilier s’accordent sur un retour à la normal difficile à envisager avant la fin de l’année 2020, tout en précisant que le retard pris sur la période du confinement ne sera pas rattrapé. L’aide apportée par le plan de relance de la construction du Gouvernement sera déterminante pour la suite !

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