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Le Carnet immobilier du Dimanche
N° 8 · Dimanche 12 juillet 2026
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Au sommaire
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01L'édito
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02L'article : Faut-il vraiment attendre le vote du Sénat pour acheter à…
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03Le conseil : Documenter le complément de loyer avant, pas après
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04Pourquoi nous confier votre projet
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01 · L'édito
Une phrase revient dans presque tous nos rendez-vous depuis juin : « et si j'attendais novembre pour voir ce que devient l'encadrement ? » L'intention est prudente. Elle mérite qu'on la regarde de près.
L'arrêté préfectoral du 12 juin s'applique jusqu'au 24 novembre 2026, terme de l'expérimentation ELAN sauf intervention législative. Le ministre du Logement plaide pour une prolongation de deux ans, une proposition de loi attend son inscription au Sénat, l'issue reste incertaine.
Nous refusons de conseiller l'attentisme. Un projet d'acquisition locative à Paris ne se pilote pas au rythme des débats parlementaires. Il se construit sur la lecture des grilles secteur par secteur, sur un arbitrage nu ou meublé documenté, et sur la juste évaluation d'un éventuel complément de loyer. Le calendrier politique est une donnée, pas un déterminant.
Nous décrivons cette semaine la mécanique, nommons les seuils et alertons sur ce qui bouge vraiment d'ici novembre : ni le vote du Sénat, ni la grille de référence, mais le prix d'acquisition et le coût du crédit.
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Jean Mascla, fondateur
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02 · L'article de la semaine
Faut-il vraiment attendre le vote du Sénat pour acheter à Paris ?
Investissement locatif · Décision · 5 min de lecture
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L'essentiel
L'encadrement des loyers s'applique à Paris depuis le 1er juillet 2019 et l'Apur chiffre à moins 5 % son effet de modération sur les loyers parisiens sur six ans.
Paris est découpée en 14 secteurs regroupant 80 quartiers, avec un loyer de référence, un loyer majoré supérieur de 20 % et un loyer minoré diminué de 30 %.
Attendre le vote du Sénat immobilise le projet pendant que le prix d'acquisition et le coût du crédit continuent de bouger, deux variables plus décisives que le calendrier législatif.
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L'idée circule dans les rendez-vous : reporter l'acquisition à décembre, le temps de savoir. Une prudence apparente qui, examinée de près, coûte plus qu'elle ne protège.
L'hypothèse attentiste tient en une phrase : différer l'achat jusqu'après le 24 novembre, pour connaître le sort de l'expérimentation ELAN et calibrer son rendement en conséquence. Le raisonnement paraît raisonnable. Il repose pourtant sur une confusion entre agenda législatif et agenda d'investissement, deux temporalités qui n'ont ni la même durée ni les mêmes déterminants.
Premier élément qui affaiblit l'attentisme : l'encadrement n'a rien d'une nouveauté. Il s'applique à Paris depuis le 1er juillet 2019, soit près de sept ans. L'Atelier parisien d'urbanisme, dans sa note n° 288 d'avril 2026, chiffre à moins 5 % l'effet de modération sur les loyers parisiens sur six ans, sans dégradation durable de l'offre imputable au dispositif. Le régime est intégré au marché depuis longtemps : prix d'acquisition, rendements observés, stratégies des bailleurs, tout le prend déjà en compte. Ce que l'investisseur attendrait en novembre, il l'a sous les yeux depuis 2019.
Deuxième élément : la mécanique elle-même. Paris est découpée en 14 secteurs regroupant 80 quartiers, dans lesquels le préfet fixe chaque année trois seuils par catégorie de logement : un loyer de référence, un loyer majoré supérieur de 20 %, un loyer minoré diminué de 30 %. Le loyer hors charges des logements mis en location ne peut excéder le majoré ; en dessous, la fixation reste libre. Quel que soit le devenir juridique de l'expérimentation, cette grille servira encore de référence de fait sur le marché parisien. Les juridictions administratives ne s'en défont pas du jour au lendemain, les locataires et leurs conseils continueront de la consulter, et la Ville de Paris conserve son dispositif de signalement en ligne depuis 2023.
Troisième élément, le plus décisif : d'ici novembre, ce qui bouge le plus n'est pas la loi mais le prix et le coût du crédit. Un acquéreur qui diffère son projet arbitre contre deux variables observables et volatiles, au bénéfice d'un scénario politique dont l'issue reste imprévisible. La proposition de loi Echaniz, votée par l'Assemblée en décembre 2025, attend son inscription au Sénat à la rentrée. Le ministre Vincent Jeanbrun s'est dit favorable, dans un entretien au Monde, à une prolongation de deux ans pour les communes déjà engagées. Rien n'est acquis, tout peut basculer dans un sens comme dans l'autre. Attendre pour savoir revient à immobiliser une décision d'achat pendant que le marché, lui, continue de bouger.
La vraie question n'est donc pas « acheter maintenant ou attendre ». Elle se formule autrement : nu ou meublé ? Secteur A ou secteur B ? Avec ou sans complément de loyer, et sur quelles caractéristiques exactes ? Le meublé bénéficie d'une majoration d'environ 12 % sur le loyer de référence, appliquée dans le même arrêté. Le complément de loyer, lui, suppose des caractéristiques de localisation ou de confort déterminantes, mentionnées et chiffrées dans le bail ; il est interdit depuis août 2022 pour tout bien classé F ou G, avec sanitaires sur le palier ou signes d'humidité. C'est sur ces trois curseurs que se construit un rendement, pas sur un pari parlementaire.
Sur le débat politique lui-même, nous nous gardons de trancher. La concertation annoncée par le ministre au Sénat, l'amendement de prolongation de deux ans pour les communes déjà engagées, l'inscription à l'ordre du jour du Sénat en septembre : ces éléments sont documentés, l'issue ne l'est pas. Une prolongation de deux ans est possible, une extinction pure aussi, un compromis intermédiaire n'est pas exclu. Aucun de ces trois scénarios ne modifie ce qu'un acquéreur peut faire aujourd'hui : lire les grilles applicables jusqu'au 24 novembre, projeter les suivantes en pariant sur une continuité, et documenter secteur par secteur le loyer réaliste de son bien.
Le compte à rebours de novembre n'est pas celui de l'investisseur, c'est celui du législateur. Ce ne sont pas les mêmes agendas, et les confondre coûte plus qu'attendre ne rapporte. Un projet bien construit sur la grille actuelle restera bien construit après le vote, quel qu'il soit. Un projet différé, lui, dépendra des prix et des taux de décembre, sur lesquels personne n'a de prise.
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Les trois seuils de l'encadrement des loyers à Paris
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Écart au loyer de référence |
Règle |
| Loyer de référence |
Base |
Fixé chaque année par le préfet |
| Loyer majoré |
Supérieur de 20 % |
Plafond du loyer hors charges |
| Loyer minoré |
Diminué de 30 % |
Fixation libre en dessous du majoré |
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« Le compte à rebours de novembre n'est pas celui de l'investisseur, c'est celui du législateur. »
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Questions fréquentes
Jusqu'à quand l'encadrement des loyers s'applique-t-il à Paris ?
L'arrêté préfectoral du 12 juin s'applique jusqu'au 24 novembre 2026, terme de l'expérimentation ELAN sauf intervention législative. Le ministre du Logement plaide pour une prolongation de deux ans et une proposition de loi attend son inscription au Sénat.
Quel est l'effet de l'encadrement des loyers sur les loyers parisiens ?
L'Atelier parisien d'urbanisme, dans sa note n° 288 d'avril 2026, chiffre à moins 5 % l'effet de modération sur les loyers parisiens sur six ans, sans dégradation durable de l'offre imputable au dispositif.
Quelle est la différence entre loyer de référence, loyer majoré et loyer minoré ?
Le préfet fixe chaque année trois seuils par catégorie de logement dans chacun des 14 secteurs parisiens : le loyer de référence, un loyer majoré supérieur de 20 % et un loyer minoré diminué de 30 %. Le loyer hors charges des logements mis en location ne peut excéder le loyer majoré.
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Le chiffre de la semaine
moins 5 %
Effet de modération de l'encadrement sur les loyers parisiens depuis six ans, sans dégradation durable de l'offre locative imputable au dispositif.
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03 · Le conseil d'achat
Documenter le complément de loyer avant, pas après
Un complément de loyer ne se décrète pas au moment du bail : il se prépare à l'acquisition. Caractéristiques de localisation ou de confort déterminantes, chiffrage, justification écrite. Sans cette documentation en amont, la marge au-delà du loyer majoré devient fragile, et le rendement projeté avec elle.
Lire le conseil ›
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04 · Pourquoi nous
Une lecture secteur par secteur, avant l'offre
Sur un projet locatif parisien, la différence entre un rendement projeté et un rendement tenu se joue sur la lecture fine des grilles applicables, quartier par quartier, et sur l'arbitrage nu ou meublé documenté avant l'acquisition. Nos seize chasseurs conduisent cette analyse en amont de chaque offre. La négociation moyenne obtenue, six pour cent sur le prix vendeur, protège quant à elle la rentabilité initiale, quel que soit le scénario législatif.
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