L’histoire du quartier des Abbesses, mythique et charismatique à la fois

Rue des abbesses

Les touristes viennent fréquemment visiter le quartier des Abbesses pour s’imprégner de son esprit « village » si emblématique. Bien qu’il se soit urbanisé avec le temps, il a conservé des dimensions humaines et une architecture unique en son genre, ce qui fait de lui un lieu très recherché, par les curieux comme par les personnes en quête d’une destination agréable pour acheter un appartement sur Paris. Zoom sur ce secteur qui n’a pas fini de nous surprendre !


Les Abbesses : aux origines de l’abbaye de Montmartre


En 1115, on a fondé l’Abbaye des Dames de Montmartre. Au fil des années, celle-ci est allée du haut vers le bas de Montmartre, où elle s’est officiellement installée en 1686. Très concrètement, c’est la femme de Louis VI, Adélaïde de Savoie, qui lui a demandé la construction d’un couvent pour les femmes. Après la mort de son époux, elle a même décidé de s’y retirer – et c’est ici qu’elle est également morte, en 1154.

Au moment de sa conception, l’abbaye est ceinte de terres agricoles, mais aussi proche d’un hameau et même de vestiges paléochrétiens. En plus de l’église Saint-Pierre de Montmartre construite en 1134, une petite chapelle est consacrée au martyre de Saint-Denis, il s’agit du Sanctum Martyrium.

Très prisée, cette abbaye est composée dès sa création d’une « Dame du lieu » et d’un peu plus de 50 religieuses en tout, jouissant de 30 000 livres de rente. Devant l’engouement des femmes face à cet établissement, en 1175, le roi Louis VII le Jeune doit même limiter le nombre de pensionnaires à 60 !

L’avenir de l’abbaye de Montmartre est bouleversé en 1559, quand celle-ci est victime d’un grave incendie. Quelques années plus tard en 1590, pendant le siège de Paris, le moral décline chez les abbesses, si bien que leur établissement est surnommé « magasin des putes de l’armée » par les Parisiens.

Fermée en 1790, l’abbaye est vendue quatre ans plus tard, avant d’être totalement démolie. Aujourd’hui, le seul vestige de cette époque est l’église Saint-Pierre, un monument mêlant styles roman et gothique primitif situé en haut de la butte Montmartre et à quelques pas de la basilique du Sacré-Cœur. C’est en hommage à ce passé que le secteur a été baptisé « Abbesses ».

On a décidé assez tard de faire écho à cette partie de l’Histoire dans le quartier, et pour cause : jusqu’en 1867, l’actuelle rue des Abbesses s’appelait en réalité « rue de la Cure », puis « rue de l’Abbaye ». La place des Abbesses ainsi que la station de métro éponyme ont été renommées dans le but d’honorer la mémoire des 46 abbesses qui ont dirigé cette structure, détruite à la fin du XVIIIe siècle.



La Place des Abbesses : de nombreuses anecdotes historiques participent à son renom !


En 1837, c’est sur la place des Abbesses que l’on décide d’ériger la troisième Mairie de Montmartre, où Georges Clémenceau et Jean-Baptiste Clément vont se succéder pendant la période de la Commune. Ici, Paul Verlaine se marie en 1870. Véritable petit village dans la ville, cette place était très vivante au XIXe siècle : on y avait notamment construit un cinéma et beaucoup de petits commerces y étaient installés.

Toujours dans la catégorie des anecdotes relatives au quartier des Abbesses, il faut savoir que l’église Saint-Jean des Abbesses, finalisée au tout début du XXe siècle, a été la première pour laquelle on a choisi de construire en béton armé, avant de recouvrir l’édifice de briques et d’ajouter du grès émaillé pour la décoration.

Sur le site « Montmartre-Addict », on peut même découvrir plusieurs faits divers qui ont eu lieu dans ce quartier avant 1940. Par exemple, on raconte qu’en 1919, alors qu’une marchande vend ses tomates pour 70 centimes la livre, elle devient la proie d’une foule complètement incontrôlable venue de la rue des Abbesses.


La place des Abbesses, devenue un haut lieu pour se divertir à Montmartre


Aujourd’hui, le quartier des Abbesses abrite la bouche de métro dont on parle le plus souvent à Paris : celle d’Hector Guimard, menant à la station de métro la plus profonde de Paris située une trentaine de mètres sous terre. Forcément, quand on vient ici par les transports en commun, la montée des marches peut sembler interminable lorsqu’on décide de ne pas prendre les ascenseurs… Mais l’effort physique est récompensé dès l’arrivée sur la place des Abbesses, où l’on profite d’une atmosphère très chaleureuse.

Les enfants peuvent ici faire des tours de manège, face à l’église Notre-Dame-des-Briques mêlant un style byzantin avec des influences art nouveau. Tout proche, le square Jehan-Rictus permet de s’évader entre les cerisiers à fleurs, les palmettes d’arbres fruitiers, les érables sycomores ou encore les roses anciennes… C’est aussi ici que, depuis l’an 2000, on a érigé le « Mur des je t’aime » : cette œuvre signée Frédéric Baron et Claire Kito reproduit 311 « je t’aime » rédigés dans 250 langues différentes en tout.

Très hétérogène, le quartier des abbesses abrite beaucoup de beaux restaurants et de magasins de luxe, mais on y trouve aussi des petits cafés chaleureux, des commerces de proximité et de bons artisans, notamment dans le domaine des boulangeries. Une fois la nuit tombée, les jeunes sont nombreux à se rendre chez Marlusse et Lapin pour boire un verre, ou même à La Fourmi pour déguster des cocktails et s’amuser.

Plus bourgeois, le Lux Bar situé rue Lepic reste assez décontracté : c’est un lieu très apprécié des nostalgiques, avec sa musique rétro et sa déco vintage.  D’autres bars et restaurants sont ouverts dans un périmètre proche : chacun peut trouver l’ambiance qui lui convient, entre fruits de mer, plats authentiques, cocktails originaux et même sushis japonais.

Non loin de l’agréable place des Abbesses, certaines rues plus calmes, comme la rue Burq, attirent les résidents en quête de sérénité… Intimiste et verdoyante, elle fait partie des lieux de vie privilégiés à Paris : ceux qui rêvent d’y emménager doivent s’armer de patience, et surtout se faire accompagner de chasseurs immobiliers pour trouver le bien répondant à tous leurs critères.


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