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Le Carnet immobilier du Dimanche
N° 14 · Dimanche 23 août 2026
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Au sommaire
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01L'édito
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02L'article : Attendre pour acheter à Paris : le calcul a changé
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03Le conseil : Séparer la décision d'achat de la décision de f…
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04Pourquoi nous confier votre projet
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01 · L'édito
Cette semaine, un exercice arithmétique plutôt qu'une prise de position. Depuis dix-huit mois, une partie de nos interlocuteurs diffère son projet parisien en s'appuyant, plus ou moins consciemment, sur deux paris cumulés : baisse des taux, baisse des prix. L'un et l'autre méritent d'être réexaminés à l'aune des chiffres du printemps et de l'été.
Nous ne prétendons pas trancher. Nous constatons trois signaux concordants : le taux moyen du crédit remonte à 3,30 % en juillet, l'OAT 10 ans a brièvement franchi 4 %, et le prix des appartements parisiens tient bon à 9 520 euros le mètre carré. Ces signaux changent la nature de l'attente : longtemps neutre, parfois productive, elle a désormais un coût mesurable.
L'article de la semaine détaille ce coût, sans injonction. Attendre reste une position légitime, à condition d'expliciter contre quoi l'on attend.
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Jean Mascla, fondateur
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02 · L'article de la semaine
Attendre pour acheter à Paris : le calcul a changé
Financement · Arbitrage · 5 min de lecture
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L'essentiel
Attendre reposait sur deux paris cumulés, baisse des taux et baisse des prix, que les chiffres de l'été 2026 remettent en cause simultanément.
La BCE a relevé ses trois taux directeurs le 11 juin 2026 et le taux moyen du crédit ressort à 3,30 % en juillet, en hausse de 22 points de base sur le point bas de 2025.
Les prix parisiens tiennent à 9 520 euros le mètre carré sur mars-mai 2026 selon les Notaires du Grand Paris, en évolution de +0,1 % sur un an.
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Depuis deux ans, différer son achat parisien reposait sur une thèse implicite : les taux baisseraient, les prix aussi. L'été 2026 remet en cause ces deux hypothèses simultanément. Ce qui semblait neutre devient un pari, chiffres à l'appui.
La thèse de l'attente s'appuyait sur une chronologie devenue familière. La Banque centrale européenne, après avoir amorcé un cycle de baisses en 2024, devait poursuivre son mouvement. Le crédit immobilier, tiré vers le bas par ce reflux, allait redonner du pouvoir d'achat aux acquéreurs. Les prix parisiens, jugés élevés, finiraient par céder. Trois maillons d'un même raisonnement, tenus pour acquis par une partie du marché.
Le premier maillon a cédé en juin. La BCE a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base le 11 juin 2026, portant le taux de la facilité de dépôt à 2,25 %. Première hausse depuis 2023, après un cycle de baisses entamé un an plus tôt. Le motif tient en un chiffre : l'inflation en zone euro a atteint 3,2 % en mai, son plus haut niveau depuis septembre 2023. Une pause a été observée le 23 juillet, mais les marchés de swaps intègrent désormais environ deux hausses supplémentaires de 25 points de base d'ici la fin de l'année.
Sur le crédit immobilier, l'indicateur qui compte n'est pas la BCE mais l'OAT 10 ans. Or son rendement a brièvement dépassé 4 % le 23 juillet, contre 3,65 % en début de mois. Les banques n'ont pas immédiatement répercuté ce mouvement, mais leur marge pour continuer à baisser les barèmes s'est resserrée. Le taux moyen des crédits souscrits en juillet ressort à 3,30 %, en hausse de 4 points de base sur un mois et de 22 points de base par rapport au point bas de 2025. L'Observatoire Crédit Logement/CSA envisage une trajectoire vers 4 % d'ici fin 2027.
Le deuxième maillon, celui des prix parisiens, résiste. Les Notaires du Grand Paris publient un prix des appartements anciens à 9 520 euros le mètre carré sur mars-mai 2026, en évolution de +0,1 % sur un an. À fin avril, la mesure ressortait à 9 530 euros, soit +0,4 % annuel. On peut discuter la marge d'erreur de tels chiffres, on ne peut pas y lire la correction attendue. Les volumes de ventes en Île-de-France reculent de 3 % sur février-avril par rapport à 2025, mais ce léger retrait s'explique en grande partie par un début 2025 gonflé par l'anticipation de la hausse des droits de mutation.
L'arithmétique de l'attente s'écrit alors simplement. À titre de simulation, pour un acquéreur qui empruntait 600 000 euros sur vingt ans à 3,08 % il y a un an, la mensualité s'établissait autour de 3 340 euros. À 3,30 % aujourd'hui, à mensualité constante, le capital empruntable recule d'environ 14 000 euros selon un calcul standard d'annuité. Autrement dit, patienter douze mois de plus, à prix parisiens inchangés, revient à financer un appartement amputé d'un studio de surface équivalente au même prix moyen. La durée moyenne des crédits en France, désormais de 253 mois selon l'Observatoire Crédit Logement, ne compense qu'à la marge cet effet.
Notre propos n'est pas de dire qu'il faut acheter. Il est de dire que l'attente, longtemps neutre en coût, ne l'est plus. La question posée à un acquéreur en phase d'observation n'est plus « quand » mais « contre quoi ». Contre un scénario de baisse des taux qui suppose un reflux marqué de l'inflation et un pivot de la BCE que les marchés ne pricent pas. Contre un scénario de baisse des prix parisiens que les notaires ne documentent pas, dans un marché où les volumes se maintiennent et où l'offre de biens de qualité reste tendue.
Décider d'attendre par thèse explicite reste légitime. Le faire par défaut, en reconduisant tacitement l'hypothèse de 2024-2025, mérite un réexamen. C'est le seul message de cette lettre : rendre visibles les termes de l'arbitrage, pour que la décision de patienter, si elle est prise, le soit en connaissance de son coût.
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Emprunter 600 000 euros sur vingt ans, il y a un an et aujourd'hui
| Paramètre |
Il y a un an |
Aujourd'hui |
| Taux du crédit |
3,08 % |
3,30 % |
| Mensualité |
environ 3 340 euros |
constante |
| Capital empruntable |
600 000 euros |
en recul d'environ 14 000 euros |
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« L'attente était neutre. Elle a désormais un coût mesurable. »
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Questions fréquentes
Quel est le taux moyen du crédit immobilier en juillet 2026 ?
Il ressort à 3,30 %, en hausse de 4 points de base sur un mois et de 22 points de base par rapport au point bas de 2025. L'Observatoire Crédit Logement/CSA envisage une trajectoire vers 4 % d'ici fin 2027.
Les prix des appartements baissent-ils à Paris en 2026 ?
Non, ils résistent : les Notaires du Grand Paris publient un prix des appartements anciens à 9 520 euros le mètre carré sur mars-mai 2026, en évolution de +0,1 % sur un an. À fin avril, la mesure ressortait à 9 530 euros, soit +0,4 % annuel.
Combien coûte une année d'attente avant d'acheter à Paris ?
Pour un acquéreur qui empruntait 600 000 euros sur vingt ans à 3,08 % il y a un an, passer à 3,30 % à mensualité constante réduit le capital empruntable d'environ 14 000 euros selon un calcul standard d'annuité.
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Le chiffre de la semaine
22 points de base
C'est la hausse du taux moyen des crédits immobiliers souscrits en juillet 2026 par rapport au point bas de 2025. Le taux moyen s'établit désormais à 3,30 %.
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03 · Le conseil d'achat
Séparer la décision d'achat de la décision de financement
Un acquéreur qui a défini son bien peut geler son taux dès l'accord de principe, indépendamment du calendrier de signature. Cette dissociation, encore trop rare, protège contre un mouvement brutal des barèmes entre le compromis et l'acte authentique.
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04 · Pourquoi nous
Une négociation moyenne de 6 % sur le prix vendeur
Dans un marché où les prix parisiens résistent à 9 520 euros le mètre carré, l'écart se joue à l'achat. Nos chasseurs obtiennent en moyenne 6 % de négociation sur le prix affiché. Sur un budget de 800 000 euros, cela représente 48 000 euros, soit plus de trois fois l'écart de capital empruntable induit par la hausse de 22 points de base évoquée plus haut. C'est là que se construit, concrètement, le pouvoir d'achat immobilier de nos clients.
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