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Le Carnet immobilier du Dimanche
N° 6 · Dimanche 28 juin 2026
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Au sommaire
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01L'édito
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02L'article : Vacance à Paris : pourquoi la nouvelle taxe ne fera pas b…
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03Le conseil : Posez la question de l'occupation dès la premiè…
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04Pourquoi nous confier votre projet
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01 · L'édito
Une annonce de la nouvelle mairie a tourné en boucle cette semaine : Paris doublera en 2027 la taxe sur les logements vacants, et la presse y a lu, parfois trop vite, la promesse de vingt mille appartements remis sur le marché. Pour un acquéreur, la tentation est grande d'y voir un signal de détente des prix.
Nous proposons ce dimanche une lecture plus mesurée. La mesure existe, son calendrier est arrêté, ses taux sont connus. Son effet attendu sur les transactions mérite en revanche d'être regardé sans illusion : la facture pour un propriétaire fortuné qui conserve un pied-à-terre vacant reste modeste, et le marché parisien progresse déjà en volumes depuis l'hiver, sans avoir attendu la réforme.
Reste un cas, un seul, où le calendrier 2027 devient un levier concret à la table de négociation. Nous le décrivons précisément, et donnons la question à poser dès les premières visites pour le repérer.
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Jean Mascla, fondateur
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02 · L'article de la semaine
Vacance à Paris : pourquoi la nouvelle taxe ne fera pas baisser les prix
Marché · Idée reçue · 6 min de lecture
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L'essentiel
À compter de 2027, la taxe sur les logements vacants passe à Paris de 17 % à 30 % de la valeur locative cadastrale après un an de vacance, et de 34 % à 60 % après deux ans.
Pour un appartement moyen vacant depuis deux ans ou plus, la Ville évalue la facture annuelle à environ quatre mille euros, contre deux mille aujourd'hui.
L'effet sur les prix restera marginal : l'INSEE recensait 136 957 logements vacants à Paris en 2022, une vacance largement frictionnelle.
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Paris doublera en 2027 la taxe sur les logements vacants. Pour beaucoup, la mesure annonce une bouffée d'air pour les acquéreurs. Le mécanisme est réel, son effet sur les prix sera marginal. Voici ce qu'il faut en retenir, et la seule manière d'en tirer parti.
L'annonce remonte au 14 avril. Le nouvel exécutif parisien, conduit par Emmanuel Grégoire, a présenté ses premières mesures pour le logement et confirmé le quasi-doublement de la taxe sur les logements vacants à compter de 2027. Le cadre légal est posé par l'article 108 de la loi de finances pour 2026, qui fusionne les deux dispositifs existants (la TLV et la THLV) en une taxe unique : la taxe sur la vacance des locaux d'habitation. Les taux applicables à Paris passeront de 17 % à 30 % de la valeur locative cadastrale après un an de vacance, et de 34 % à 60 % après deux ans. Pour un appartement moyen vacant depuis deux ans ou plus, la Ville évalue la facture annuelle à environ quatre mille euros, contre deux mille aujourd'hui.
La Ville espère vingt mille logements remis sur le marché. Le chiffre fait recette ; il appelle pourtant une mise en perspective. L'INSEE recensait à Paris cent trente-six mille neuf cent cinquante-sept logements vacants en 2022, soit près d'un dixième du parc, un contingent qui progresse d'environ sept mille unités par an. Sur cette masse, une part importante échappera à la taxe. Le code général des impôts exonère la vacance involontaire (un bien proposé à la vente ou à la location au prix du marché sans trouver preneur), les biens occupés plus de quatre-vingt-dix jours consécutifs dans l'année, et les logements nécessitant des travaux dont le coût excède le quart de la valeur du bien. À Paris, l'INSEE Île-de-France qualifie cette vacance de largement frictionnelle, liée au nombre de petits appartements anciens à fort taux de rotation : successions en cours, ventes en préparation, travaux entre deux occupations.
Reste le cœur de cible visé par la municipalité : les pied-à-terre conservés vides par des propriétaires multipropriétaires. Selon Emmanuel Grégoire, 40 % des logements privés parisiens appartiennent à des personnes détenant au moins cinq biens immobiliers. Pour eux, la question n'est pas comptable mais arbitrale : quatre mille euros par an représentent une fraction modeste du coût d'opportunité d'un pied-à-terre haussmannien tenu pour son emplacement plutôt que pour son rendement. Un rapport de la Cour des comptes publié en 2025 jugeait d'ailleurs les résultats des taxes existantes « limités », sans effet significatif sur le volume global de logements vacants malgré la majoration de 2023.
Le marché parisien, par ailleurs, n'a pas attendu la réforme pour reprendre son souffle. Selon la Chambre des Notaires de Paris, les volumes de ventes ont progressé de 10 % sur un an entre décembre 2025 et février 2026 dans la capitale. Le prix moyen au mètre carré s'établit à neuf mille huit cent six euros au 1er juin 2026, selon les transactions notariales. La pression à la vente vient des taux, des successions, des arbitrages patrimoniaux, rarement d'une taxe. Les spécialistes du marché le disent sans détour : la mesure peut remettre des biens en vitrine, elle ne suffit pas à provoquer une baisse, parce que la demande parisienne reste hors norme.
Pour un acquéreur, la conséquence pratique tient en une phrase : ne pas différer un projet en pariant sur un effet 2027. L'erreur consisterait à patienter quelques mois en espérant un ajustement qui ne viendra pas à l'échelle du marché. Le calendrier législatif a son rythme, le vôtre est celui de votre famille, de votre fiscalité, des taux de financement que vous obtenez aujourd'hui. Les deux ne se rejoignent pas.
Il existe en revanche un usage concret de la mesure, à la table de négociation. Face à un vendeur dont l'appartement est vide depuis dix-huit mois ou plus, la perspective d'une taxe annuelle qui passe de deux mille à quatre mille euros, combinée à la prise en compte de la vacance antérieure au 1er janvier 2027 prévue par la loi, redonne du poids au temps qui passe. Le calendrier devient un argument. Pour le repérer, une question suffit lors des premières visites : depuis quand le bien est-il inoccupé ? La réponse, ou son absence, oriente immédiatement la suite de la discussion.
Un point technique mérite enfin d'être connu de l'acquéreur lui-même. En achetant un bien déjà vacant depuis plus de deux ans, vous ne devenez pas redevable immédiatement de la taxe : la durée d'inoccupation s'apprécie au regard d'un même propriétaire, et un nouveau délai de deux ans s'ouvre sous votre régime. Une donnée utile si vous envisagez des travaux longs avant emménagement, ou un calendrier de mise en location différé.
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La taxe sur les logements vacants à Paris avant et après 2027
| Situation |
Aujourd'hui |
À partir de 2027 |
| Taux après un an de vacance |
17 % |
30 % |
| Taux après deux ans |
34 % |
60 % |
| Facture annuelle, bien vacant deux ans ou plus |
environ 2 000 € |
environ 4 000 € |
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« L'erreur serait de différer un projet en pariant sur un effet prix qui ne viendra pas. »
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Questions fréquentes
Quel sera le montant de la taxe sur les logements vacants à Paris en 2027 ?
Les taux passeront de 17 % à 30 % de la valeur locative cadastrale après un an de vacance, et de 34 % à 60 % après deux ans. Pour un appartement moyen vacant depuis deux ans ou plus, la Ville évalue la facture annuelle à environ quatre mille euros, contre deux mille aujourd'hui.
Combien de logements vacants compte Paris ?
L'INSEE recensait 136 957 logements vacants à Paris en 2022, soit près d'un dixième du parc, et ce contingent progresse d'environ sept mille unités par an. Une part importante échappera à la taxe, comme la vacance involontaire.
Faut-il reporter son achat à Paris en attendant l'effet de la taxe sur les logements vacants ?
Non. Le prix moyen s'établit à 9 806 €/m² au 1er juin 2026 et les volumes de ventes ont déjà progressé de 10 % sur un an entre décembre 2025 et février 2026. La mesure peut remettre des biens en vitrine, elle ne suffit pas à provoquer une baisse.
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Le chiffre de la semaine
136 957
Logements recensés comme vacants à Paris en 2022, soit 9,8 % du parc. Une part importante relève de situations exonérées : successions, travaux, ventes en préparation.
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03 · Le conseil d'achat
Posez la question de l'occupation dès la première visite
Trois mots à intégrer à votre check-list : depuis quand vide ? Si la réponse dépasse douze mois, demandez à voir la dernière quittance d'eau ou d'électricité, et vérifiez si le bien était proposé à la location au prix du marché. C'est une donnée que le chasseur verse au dossier de négociation.
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04 · Pourquoi nous
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