En plein déploiement du Grand Paris Express, zoom sur l’histoire du métro parisien !

Jusqu’en 2030, toute la région parisienne est concernée par un certain nombre de chantiers pour agrandir les lignes de métro existantes, en créer de nouvelles, mais aussi bâtir des gares et développer de nouveaux quartiers tout autour. Cette métamorphose au service de la qualité de vie des Franciliens va permettre de réduire encore les durées des trajets parcourus, tout en offrant aussi davantage de confort dans des équipements modernes. À cette occasion, quelques petits rappels sur l’histoire de ce métro permettent de comprendre à quel point les choses ont progressé sur plus de 100 ans.


Aux origines de la première ligne de métro : entre conflits et innovations


À la veille du XXe siècle, dans un contexte où la population parisienne ne cesse de grandir et que les rues commencent à saturer face à la multiplication des transports sur les routes, l’État et la Ville de Paris peinent à trouver un terrain d’entente. Du côté du gouvernement, on aspire à construire un grand réseau de voies ferrées pour connecter toutes les gares entre elles. La ville, quant à elle, ne veut pas collaborer avec les grandes compagnies, et préfèrerait un plus petit réseau limité à Paris.

Mais à mesure que l’exposition universelle de 1900 approche, les décideurs sentent qu’il faut se lancer et opérer des choix : la Ville de Paris l’emporte, puisqu’on acte en 1895 la construction d’un réseau souterrain et électrique de petite envergure

Un an plus tard, on valide un projet imaginé par Fulgence Bienvenüe et Edmond Huet, deux ingénieurs français qui prévoient dans un premier temps 6 lignes, amenées à être complétées ensuite par 3 autres lignes. 

Cette concession de l’État s’accompagne toutefois de quelques exigences, que la Ville de Paris doit accepter pour pouvoir travailler sur ce métro : le chemin de fer devra être étendu pour lier la gare d’Orléans à celle d’Orsay, la Petite Ceinture entre Courcelles et Passy devra être doublée avec un raccordement vers la gare du Champ de Mars, et la ligne de Sceaux devra aussi être agrandie. Paris valide ces conditions pour construire son métro.

L’inauguration de la première ligne a lieu en juillet 1900, entre la Porte de Vincennes et la Porte-Maillot. Il ne s’agit pas d’un hasard, puisqu’elle dessert les sites des Jeux Olympiques d’été de 1900. Très vite, le métro parisien, grâce au confort qu’il offre et à la rapidité des trajets, rencontre un grand succès.


L’extension du métro vers la banlieue parisienne et les bouleversements de la guerre


Initialement pensé comme un réseau de transports pour Paris uniquement, le métro s’étend rapidement vers la petite, puis la grande couronne. Dès les années 1920, une convention est signée entre la Ville de Paris et le département de la Seine, pour opérer plusieurs prolongements de lignes. 

Au cours des années 1930, le concept même du métro parisien est bouleversé, puisqu’il devient un réseau départemental (et non municipal). Plusieurs projets étaient bien lancés au début de la seconde guerre mondiale, qui a considérablement ralenti le déploiement des transports sur Paris. 

Dès 1939, plusieurs tronçons – et même des lignes entières – se ferment au public. L’exode des Parisiens autour de 1940 engendre une réduction drastique de la fréquentation, qui connaît son plus bas niveau jamais atteint, avec environ 300 000 usagers par jour. Le trafic augmente de nouveau après la Libération de 1944, tandis que quelques extensions ont malgré tout pu être construites pendant la guerre, dans un contexte de bombardements, pénurie de personnel et de grèves.


Le boom du métro parisien pendant les Trente Glorieuses


Dès les années 1950 et jusque dans les années 1970, le métro parisien est rénové, tout en bénéficiant de plusieurs innovations majeures . Par exemple, on décide de construire des carrossages métalliques, pour que les stations affichent une apparence plus moderne – sans que les rénovations ne coûtent trop cher.

Dans les années 1970, on parvient aussi à mettre en place du pilotage automatique, ainsi que des départs programmés qui optimisent considérablement la gestion du parc, et les rénovations de stations continuent. C’est à cette époque que les ingénieurs développent le métro sur pneumatiques, moins bruyant et plus puissant, capable aussi de freiner plus efficacement et de mieux adhérer à la surface.

En 1969, on construit parallèlement un Métro Régional, qui est en réalité l’ancêtre du RER que nous connaissons aujourd’hui. Sa conception est ralentie par certaines difficultés techniques, notamment pour traverser la Seine au niveau du pont de Neuilly. 

Entre les années 1970 et la fin du XXe siècle, le métro parisien continue de s’étendre pour desservir toujours plus de villes de banlieue. Des plans d’investissement sont lancés afin de concrétiser des prolongements considérés comme prioritaires, comme celui de la ligne 8 de Charenton – Écoles à Maisons-Alfort ou la ligne 13 de Saint-Lazare à Saint-Augustin, avant une jonction avec la ligne 14.


Le métro des temps modernes au XXIe siècle


Fêtant son centenaire avec l’arrivée des années 2000, le métro parisien compte alors 16 lignes et les voyageurs sont toujours plus nombreux à l’emprunter chaque jour. Les défis du XXIe siècle sont lancés : réduire l’encombrement des rames, créer des lignes en rocades et surtout développer le Grand Paris Express, dont on parle encore aujourd’hui et qui devrait être finalisé à l’horizon 2030.

À la veille de tous ces bouleversements, la nouvelle ligne 14 est inaugurée par Jacques Chirac le 15 octobre 1998. Celle-ci marque une transition vers la nouvelle ère du métro, avec des stations plus esthétiques et plus grandes, une vitesse plus élevée et un transport entièrement automatisé, sans conducteur, parfaitement sécurisé et plus confortable.

Aujourd’hui encore, Paris continue de moderniser son parc actuel :  la ligne 1 est automatisée depuis 2012 et l’automatisation de la ligne 4 devrait être bientôt finalisée (pour 2022), alors même que l’on se prépare à envisager le même sort pour la ligne 13.C’est dans ce contexte d’extension et de modernisation qu’a été imaginé le projet du Grand Paris Express, pour désenclaver certaines zones de banlieue mal desservies. Quatre nouvelles lignes à grand gabarit sont prévues, avec également l’extension de la ligne 4. Comme il y a plus de 100 ans, le but est de pouvoir desservir les sites des Jeux Olympiques qui auront lieu à Paris en 2024, mais aussi d’améliorer la qualité de vie de tous les Franciliens au quotidien. 


Métro Ligne 14 Paris

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