Le cadre réglementaire en 2026
Paris applique l’une des réglementations les plus strictes d’Europe en matière de location touristique de courte durée. Le cadre repose sur trois piliers : la limite des 120 jours, l’obligation d’enregistrement et le mécanisme de compensation pour les résidences secondaires.
La loi Le Meur, adoptée en 2024, a renforcé ces dispositions en donnant aux communes de nouveaux outils de contrôle et de sanction. En 2026, Paris continue de durcir son application.
La règle des 120 jours
Tout propriétaire peut louer sa résidence principale en meublé touristique dans la limite de 120 nuits par année civile, sans autorisation préalable. Au-delà de 120 nuits, la location est interdite sauf changement d’usage.
Le décompte est automatisé : les plateformes (Airbnb, Booking, Abritel) bloquent les annonces au-delà de 120 nuits pour les résidences principales déclarées. Le numéro d’enregistrement est obligatoire sur chaque annonce.
Cette limite ne concerne que la résidence principale (le logement occupé au moins 8 mois par an). Pour une résidence secondaire, la location touristique nécessite une autorisation de changement d’usage, avec compensation.
Le mécanisme de compensation
Un propriétaire souhaitant louer une résidence secondaire en meublé touristique à Paris doit obtenir une autorisation de changement d’usage temporaire. Cette autorisation est subordonnée à une compensation : transformer une surface commerciale équivalente en logement dans le même arrondissement.
En pratique, cette compensation s’achète sous forme de « titres de commercialité » auprès de propriétaires effectuant l’opération inverse. Le coût est significatif : 300 à 500 €/m² dans les arrondissements centraux en 2026, soit 15 000 à 25 000 € pour un studio de 30 m².
Sans cette autorisation, la location touristique d’une résidence secondaire est illégale et expose le propriétaire à une amende pouvant atteindre 50 000 € par infraction constatée.
L’enregistrement obligatoire
Depuis 2017, tout logement proposé en location meublée touristique à Paris doit être enregistré auprès de la mairie. Le numéro d’enregistrement (13 chiffres) doit figurer sur chaque annonce en ligne.
L’enregistrement est gratuit et se fait en ligne sur le téléservice de la Ville de Paris. Il permet à la mairie de contrôler le respect de la limite des 120 jours et d’identifier les locations illégales de résidences secondaires.
Les sanctions renforcées
La Ville de Paris dispose d’une brigade dédiée au contrôle des locations touristiques. Les sanctions prévues en 2026 sont les suivantes : 10 000 € d’amende pour défaut d’enregistrement, 50 000 € pour location sans autorisation de changement d’usage (résidence secondaire), 10 000 € pour dépassement de la limite des 120 jours. Les plateformes encourent jusqu’à 12 500 € d’amende par annonce non conforme.
Notre conseil aux investisseurs
Si vous investissez à Paris pour de la location, privilégiez la location meublée longue durée (bail de 1 an, résidence principale du locataire) plutôt que la location touristique saisonnière. La rentabilité nette est comparable une fois pris en compte les contraintes réglementaires, les frais de gestion et les périodes de vacance locative de la location saisonnière.
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FAQ
Puis-je louer mon appartement sur Airbnb à Paris en 2026 ?
Oui, si c’est votre résidence principale, dans la limite de 120 nuits par an, avec un numéro d’enregistrement valide. Pour une résidence secondaire, une autorisation de changement d’usage avec compensation est obligatoire.
Comment obtenir le numéro d’enregistrement ?
En ligne sur le site de la Ville de Paris (téléservice de déclaration des meublés touristiques). La démarche est gratuite et le numéro est délivré immédiatement.
La loi Le Meur a-t-elle changé les règles ?
Oui. Elle a renforcé les pouvoirs de contrôle des communes, facilité les sanctions et imposé aux plateformes de vérifier la conformité des annonces. Les amendes ont été alourdies.
Est-il rentable de faire du Airbnb à Paris en 2026 ?
Pour une résidence principale louée ponctuellement (vacances, déplacements), oui. Pour un investissement dédié en résidence secondaire, le coût de la compensation et les contraintes réglementaires réduisent fortement la rentabilité par rapport à la location meublée classique.