Points cles
- Depuis le 1er janvier 2025, la location d'une résidence principale en meuble touristique à Paris est limitee a 90 jours/an
- La location d'une résidence secondaire sans autorisation de changement d'usage : amende jusqu'a 100 000 euros
- La loi Le Meur (2024) impose un DPE conforme (classe E minimum) pour les nouveaux meubles touristiques en zone tendue
- Les coproprietes peuvent desormais interdire la location touristique à la majorite des deux tiers
Paris a considérablement durci la réglementation des locations touristiques ces dernières années. Depuis le 1er janvier 2025, le plafond de location d’une résidence principale est passé de 120 à 90 jours par an. La loi Le Meur, entrée en vigueur fin 2024, ajoute des obligations de DPE, un enregistrement national obligatoire d’ici mai 2026, et des sanctions alourdies. Ces évolutions changent la donne pour les propriétaires comme pour les acheteurs.
Le cadre réglementaire en 2026
Le régime parisien distingue deux situations. Pour une résidence principale, la location en meublé de tourisme est autorisée dans la limite de 90 jours par an, après déclaration en mairie et obtention d’un numéro d’enregistrement. Ce numéro doit figurer sur chaque annonce publiée.
Pour une résidence secondaire ou un bien dédié à la location saisonnière, la situation est nettement plus contraignante. Le propriétaire doit obtenir une autorisation de changement d’usage auprès de la Mairie de Paris, une procédure qui implique dans la plupart des arrondissements centraux (1er au 8e) une compensation : transformer une surface commerciale équivalente, voire double dans les secteurs les plus touristiques, en logement d’habitation. On estime à environ 70 000 le nombre de logements retirés du marché locatif classique au profit de la location courte durée à Paris.
La loi Le Meur de novembre 2024 renforce encore le dispositif. Parmi les mesures clés : l’obligation d’un DPE conforme (classe E minimum en zone tendue pour les nouveaux meublés), la possibilité pour les copropriétés d’interdire la location touristique à la majorité des deux tiers des voix, et la mise en place d’un téléservice national d’enregistrement au plus tard le 20 mai 2026.
Les sanctions renforcées
Le non-respect de la réglementation expose à des amendes significatives. La location d’une résidence secondaire sans autorisation de changement d’usage : jusqu’à 100 000 €, plus une astreinte de 1 000 € par jour et par m². Le dépassement des 90 jours pour une résidence principale : jusqu’à 10 000 € par année de dépassement. L’absence d’enregistrement : jusqu’à 10 000 €. Une fausse déclaration ou un faux numéro d’enregistrement : jusqu’à 20 000 €.
La Mairie de Paris a déployé une équipe d’agents assermentés dédiée aux contrôles et a collecté plus de 6,5 millions d’euros d’amendes depuis 2021. Le nombre de contentieux tend à diminuer, signe que la pression réglementaire produit ses effets.
Les conséquences pour un projet d’achat
La réglementation a un impact direct sur le marché immobilier parisien. D’abord, les investisseurs qui comptaient sur la rentabilité de la location courte durée revoient leurs calculs. La fiscalité a été durcie : l’abattement micro-BIC est réduit à 50 % pour les meublés classés et à 30 % pour les non-classés. Les amortissements LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente.
Ensuite, le marché locatif classique pourrait bénéficier d’un report d’offre. Des propriétaires de meublés touristiques, découragés par la complexité administrative et les risques d’amendes, remettent leurs biens en location longue durée ou les vendent. C’est une opportunité pour les acheteurs de résidence principale, qui trouvent davantage de biens disponibles.
Enfin, les copropriétés constituent un point d’attention nouveau. Avant d’acheter, nos chasseurs d’appartement vérifient systématiquement le règlement de copropriété et les procès-verbaux d’assemblée générale récents. Une copropriété qui a voté l’interdiction de la location touristique est une information à intégrer dans l’évaluation du bien.
Pour un projet d’achat à Paris, la question de la location touristique dépasse le simple rendement locatif. Elle touche au cadre de vie dans l’immeuble, à la valeur à la revente et à la stratégie patrimoniale. Les arbitrages méritent d’être faits avec un professionnel qui connaît les spécificités de chaque arrondissement.
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Sources
Questions fréquentes
Combien de jours peut-on louer son logement sur Airbnb à Paris en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2025, la location d'une résidence principale en meublé de tourisme à Paris est limitée à 90 jours par an, contre 120 jours auparavant. Les plateformes sont tenues de désactiver automatiquement les annonces au-delà de cette limite.
Quelle est l'amende en cas de location touristique illégale à Paris ?
La location d'une résidence secondaire en meublé de tourisme sans autorisation de changement d'usage est sanctionnée par une amende pouvant atteindre 100 000 €, assortie d'une astreinte de 1 000 € par jour et par m² jusqu'à régularisation. Le défaut d'enregistrement est passible d'une amende de 10 000 €.
Faut-il un DPE pour louer en meublé touristique à Paris en 2026 ?
Oui. La loi Le Meur impose désormais un DPE conforme pour toute location de meublé de tourisme. Les logements proposés pour la première fois à la location en zone tendue doivent afficher au minimum une classe E. À compter de 2034, la classe D sera exigée.