L'essentiel
En 2026, le bon de visite est un document signé lors d'une visite qui atteste que l'agent immobilier a présenté le bien à une date donnée : il n'est encadré par aucun texte de loi, ne figure pas dans la loi Hoguet de 1970 et n'engage pas l'acquéreur à acheter par son intermédiaire. Sans mandat de vente valide, il est juridiquement inopérant pour réclamer des honoraires, et la jurisprudence considère qu'au-delà de 18 à 24 mois le lien entre visite et achat est difficile à établir. Un chasseur d'appartement comme Home Select, membre de la FCI depuis 2011, ne fait pas signer de bon de visite : il agit pour l'acheteur sous mandat de recherche.
Points clés
- Le bon de visite est un élément de preuve, pas un contrat : il n'engage pas l'acquéreur à acheter via l'agent
- Sans mandat de vente valide, le bon de visite est juridiquement inopérant pour réclamer des honoraires
- La jurisprudence considère qu'au-delà de 18 à 24 mois, le lien entre visite et achat est difficile à établir
- Un chasseur d'appartement ne fait pas signer de bon de visite, il est couvert par le mandat de recherche
Le bon de visite est un document signé par l’acquéreur potentiel lors de la visite d’un bien immobilier, attestant que l’agent immobilier lui a présenté ce bien à une date donnée. Ce document ne constitue pas un engagement d’achat ni une obligation de passer par l’agent pour acquérir le bien. Sa portée juridique est limitée mais il sert de preuve en cas de litige sur la rémunération de l’agent.
Introduction
Chaque année, des millions de bons de visite sont signés en France, souvent sans que l’acquéreur en comprenne la portée exacte. Le bon de visite suscite régulièrement des inquiétudes : “Suis-je engagé ?”, “Puis-je visiter le même bien avec un autre agent ?”, “Que se passe-t-il si j’achète directement au vendeur ?”. Ces questions sont légitimes et méritent des réponses claires.
À Paris, où un acquéreur qui cherche seul visite en moyenne plus de 40 biens avant d’acheter et passe souvent par plusieurs agences, la question du bon de visite est particulièrement prégnante. Ce guide fait le point sur ce document, ses effets réels et les précautions à prendre.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’un bon de visite ?
- Le bon de visite engage-t-il l’acheteur ?
- Bon de visite et mandat : quelle articulation ?
- Peut-on visiter le même bien avec plusieurs agents ?
- Un chasseur d’appartement fait-il signer un bon de visite ?
- Foire aux questions
Qu’est-ce qu’un bon de visite ?
Un document rédigé par l’agent immobilier, qu’il demande au visiteur de signer avant ou après la visite, pour prouver qu’il est à l’origine de la présentation du bien. Il n’est encadré par aucun texte législatif spécifique : il ne figure ni dans la loi Hoguet du 2 janvier 1970 ni dans ses décrets d’application.
Le bon mentionne généralement l’identité du visiteur, l’adresse du bien visité, la date de la visite, le nom de l’agent et de l’agence, et parfois le prix du bien.
En cas de vente ultérieure du bien à ce même acquéreur, l’agent pourra l’utiliser pour justifier sa créance d’honoraires. C’est un usage professionnel, pas une obligation légale.
Il est important de distinguer le bon de visite du mandat de vente ou du mandat de recherche. Le bon de visite ne crée pas de relation contractuelle entre l’agent et le visiteur. Seul un mandat, document réglementé par la loi Hoguet, établit cette relation. Pour en savoir plus sur le cadre légal des mandats, consultez notre article sur les obligations légales du chasseur immobilier.
Le bon de visite engage-t-il l’acheteur ?
Non. Les tribunaux y voient un élément de preuve, pas un contrat : il atteste de la mise en relation entre l’acquéreur et le bien par l’intermédiaire de l’agent, il n’oblige pas à acheter par cet agent.
La jurisprudence a progressivement clarifié cette portée.
La Cour de cassation a jugé à plusieurs reprises qu’un agent immobilier ne peut réclamer ses honoraires sur la seule base d’un bon de visite. Pour obtenir le paiement de sa commission, l’agent doit démontrer trois éléments cumulatifs : l’existence d’un mandat de vente valide signé avec le vendeur, le fait qu’il est bien à l’origine de la mise en relation ayant abouti à la vente, et que la vente s’est effectivement réalisée.
Le bon de visite sert à établir le deuxième point. Mais sans mandat de vente valide, le bon de visite est juridiquement inopérant. Un agent qui fait visiter un bien sans détenir de mandat du vendeur ne peut pas réclamer d’honoraires, même s’il dispose d’un bon de visite signé.
En pratique, les litiges surviennent lorsqu’un acquéreur, après avoir visité un bien avec un agent, achète le même bien directement auprès du vendeur ou par l’intermédiaire d’un autre agent. Si l’agent initial détient un mandat exclusif, la situation est claire : ses honoraires sont dus quelle que soit la provenance de l’acquéreur. Si le mandat est simple, la commission revient à l’agent qui a effectivement permis la conclusion de la vente.
Bon de visite et mandat : quelle articulation ?
Le mandat fonde la relation, le bon de visite ne fait que la documenter. Sous mandat exclusif, les honoraires sont dus dès qu’une vente intervient pendant la durée du mandat et le bon de visite passe au second plan ; sous mandat simple, il devient l’élément qui établit quel agent a présenté l’acquéreur en premier.
Le mandat de vente est le document fondateur de la relation entre le vendeur et l’agent immobilier. Il existe sous deux formes principales : le mandat simple, qui permet au vendeur de confier la vente à plusieurs agences simultanément et de vendre par lui-même, et le mandat exclusif, qui réserve la commercialisation du bien à un seul agent pendant une durée déterminée.
Lorsque le bien est sous mandat exclusif, les honoraires de l’agent sont dus dès lors qu’une vente intervient pendant la durée du mandat, quel que soit l’intermédiaire ayant présenté l’acquéreur. Le bon de visite a alors une importance secondaire.
Lorsque le bien est sous mandat simple, plusieurs agents peuvent le proposer. Le bon de visite devient alors un élément déterminant pour établir quel agent a effectivement présenté l’acquéreur en premier. Si deux agents ont fait visiter le même bien au même acquéreur, c’est généralement celui qui a organisé la première visite (prouvée par le bon de visite) qui est considéré comme étant à l’origine de la mise en relation.
Cette situation est fréquente à Paris, où un même appartement peut être commercialisé par trois ou quatre agences simultanément. Les acquéreurs qui visitent un bien via plusieurs canaux s’exposent à des réclamations multiples d’honoraires. C’est l’une des raisons pour lesquelles travailler avec un chasseur d’appartement unique simplifie considérablement le processus.
Peut-on visiter le même bien avec plusieurs agents ?
Oui, rien ne l’interdit légalement dès lors que le bien est sous mandat simple. En cas d’achat, c’est l’agent par l’intermédiaire duquel l’offre a été formulée et acceptée qui perçoit la commission, à condition que son mandat soit valide.
En revanche, cette pratique crée de la confusion et peut générer des conflits au moment de la vente.
Si vous avez signé un bon de visite avec un agent A puis visitez le même bien avec un agent B, et que vous achetez via l’agent B, l’agent A pourrait tenter de réclamer une commission. En pratique, c’est l’agent par l’intermédiaire duquel l’offre d’achat a été formulée et acceptée qui perçoit la commission, à condition que son mandat soit valide.
La meilleure pratique consiste à centraliser vos recherches. Soit vous visitez par vous-même en contactant directement les vendeurs ou leurs agents, soit vous confiez votre recherche à un chasseur d’appartement qui gère l’ensemble des visites pour votre compte. Cette seconde approche élimine les problèmes de bons de visite multiples.
Lors de votre recherche, vérifiez systématiquement si vous avez déjà visité un bien avant de programmer une nouvelle visite. Les doublons sont fréquents sur le marché parisien, où le même appartement peut apparaître sous des annonces différentes, avec des photos variées, sur plusieurs plateformes.
Un chasseur d’appartement fait-il signer un bon de visite ?
Non. Il agit pour le compte de l’acquéreur en vertu d’un mandat de recherche, et ne détient aucun mandat de vente du vendeur : il n’a donc pas besoin d’un bon de visite pour justifier ses honoraires.
Son fonctionnement est en cela fondamentalement différent de celui de l’agent immobilier classique.
Lorsque le chasseur organise une visite pour son client, c’est l’agent du vendeur qui peut demander au client de signer un bon de visite. Le chasseur, lui, est rémunéré par son client sur la base du mandat de recherche. Il n’a pas besoin de bon de visite pour justifier ses honoraires.
Cette distinction est fondamentale. Le chasseur d’appartement aligne ses intérêts avec ceux de l’acquéreur : il n’a aucun intérêt à faire visiter des biens inadaptés pour accumuler des bons de visite. Son objectif est de trouver le bien correspondant aux critères de son client, au meilleur prix. Pour comprendre le cadre réglementaire complet, consultez notre page sur les tarifs du chasseur d’appartement.
Chez Home Select, nos chasseurs gèrent l’intégralité du processus de visite. Après plus de 1 200 mandats réalisés depuis 2011, nous avons établi des relations de confiance avec les agents parisiens, ce qui facilite l’accès aux biens et la fluidité des transactions.
Foire aux questions
Suis-je obligé de signer un bon de visite lors d’une visite immobilière ?
Non, rien ne vous oblige à signer un bon de visite. Il s’agit d’un document unilatéral que l’agent vous demande de signer pour prouver qu’il vous a présenté le bien. Vous pouvez refuser de le signer, même si l’agent insiste. Cependant, le refus peut compliquer la relation avec l’agent.
Peut-on contacter directement le vendeur après avoir signé un bon de visite ?
La signature d’un bon de visite ne vous interdit pas juridiquement de contacter le vendeur en direct. Toutefois, si l’agent démontre qu’il est à l’origine de la mise en relation et que vous avez acheté le bien en le contournant, il peut réclamer ses honoraires devant les tribunaux. La jurisprudence est favorable aux agents dans ce cas.
Quelle est la durée de validité d’un bon de visite ?
La loi ne fixe pas de durée de validité pour le bon de visite. Certains bons mentionnent une durée (12 à 24 mois en général). La jurisprudence considère qu’au-delà de 18 à 24 mois, le lien de causalité entre la visite et l’achat est difficile à établir, sauf si l’acheteur a manifestement agi pour contourner l’agent.
Un chasseur d’appartement fait-il signer des bons de visite ?
En principe, un chasseur d’appartement ne fait pas signer de bon de visite à son client puisqu’il agit pour le compte de l’acheteur, pas du vendeur. C’est l’agent du vendeur qui peut demander la signature d’un bon de visite. Le chasseur, lui, est couvert par le mandat de recherche signé avec son client.
Vous souhaitez être accompagné dans vos visites par un professionnel qui défend vos intérêts ? Nos chasseurs d’appartement gèrent l’ensemble du processus de recherche et de visite à Paris et en Île-de-France. Contactez-nous pour confier votre projet.
Consultez nos secteurs à Paris pour trouver le quartier idéal.
Sources
- Loi Hoguet du 2 janvier 1970 (réglementation des agents immobiliers)
- Service-public.fr : rôle de l'agent immobilier
- Cour de cassation, chambre civile : jurisprudence sur le bon de visite
Questions fréquentes
01 Suis-je obligé de signer un bon de visite lors d'une visite immobilière ?
Non, rien ne vous oblige à signer un bon de visite. Il s'agit d'un document unilatéral que l'agent vous demande de signer pour prouver qu'il vous a présenté le bien. Vous pouvez refuser de le signer, même si l'agent insiste. Cependant, le refus peut compliquer la relation avec l'agent.
02 Peut-on contacter directement le vendeur après avoir signé un bon de visite ?
La signature d'un bon de visite ne vous interdit pas juridiquement de contacter le vendeur en direct. Toutefois, si l'agent démontre qu'il est à l'origine de la mise en relation et que vous avez acheté le bien en le contournant, il peut réclamer ses honoraires devant les tribunaux. La jurisprudence est favorable aux agents dans ce cas.
03 Quelle est la durée de validité d'un bon de visite ?
La loi ne fixe pas de durée de validité pour le bon de visite. Certains bons mentionnent une durée (12 à 24 mois en général). La jurisprudence considère qu'au-delà de 18 à 24 mois, le lien de causalité entre la visite et l'achat est difficile à établir, sauf si l'acheteur a manifestement agi pour contourner l'agent.
04 Un chasseur d'appartement fait-il signer des bons de visite ?
En principe, un chasseur d'appartement ne fait pas signer de bon de visite à son client puisqu'il agit pour le compte de l'acheteur, pas du vendeur. C'est l'agent du vendeur qui peut demander la signature d'un bon de visite. Le chasseur, lui, est couvert par le mandat de recherche signé avec son client.