L'essentiel
En 2026, un télétravailleur qui passe plus de 183 jours par an en France devient résident fiscal français et imposable sur ses revenus mondiaux, la convention fiscale bilatérale évitant la double imposition. Le portage salarial (5 à 12 % du chiffre d'affaires) ou un contrat local fournissent des bulletins de salaire français qui ouvrent l'accès aux conditions de crédit résident (3,0 à 3,5 % sur 20 ans, apport de 10 à 15 %). Le budget moyen de ces acheteurs se situe entre 600 000 et 1 200 000 €, l'espace bureau dédié étant devenu un critère structurant. Home Select, chasseur d'appartement à Paris depuis 2011 avec 16 chasseurs et un délai moyen de 45 jours, évalue systématiquement luminosité, fibre et isolation phonique du futur bureau.
Points clés
- Au-delà de 183 jours par an en France, vous êtes considéré comme résident fiscal français
- Le portage salarial coûte 5 à 12 % du chiffre d'affaires mais fournit des bulletins de salaire français essentiels pour le crédit
- Le télétravail permanent peut créer un établissement stable pour l'employeur étranger en France
- Les télétravailleurs internationaux à Paris ont un budget moyen de 600 000 à 1 200 000 euros
- L'espace bureau dédié est devenu un critère aussi structurant que le nombre de chambres
Un nouveau profil d’acheteur a émergé dans nos mandats depuis 2020 : le télétravailleur international qui choisit Paris comme base de vie tout en conservant un emploi auprès d’une entreprise basée à New York, Londres, Zurich ou Amsterdam. Salarié américain d’une tech company, consultante britannique en freelance, entrepreneur suisse gérant ses affaires depuis un café du Marais : ces profils ont en commun un mode de vie déterritorialisé et un projet immobilier parisien aux implications fiscales spécifiques. Chez Home Select, nous avons accompagné plusieurs dizaines de ces acheteurs depuis 2021, et les questions qu’ils posent sont toujours les mêmes : que se passe-t-il fiscalement ? Comment financer l’achat ? Quel quartier choisir ?
Suis-je résident fiscal français si je télétravaille depuis Paris ?
Oui, dès que vous passez plus de 183 jours par an en France : quelle que soit votre nationalité, quel que soit le pays de votre employeur, quel que soit le lieu de signature de votre contrat de travail. Vous devenez alors imposable en France sur l’ensemble de vos revenus mondiaux (worldwide income), avec un taux marginal de 45% au-delà de 177 106 €/an en 2026, prélèvements sociaux en sus.
Le cœur de la question fiscale tient donc en un chiffre : 183. Vos revenus salariaux versés par une entreprise étrangère, vos revenus fonciers dans un autre pays, vos plus-values financières : tout entre dans l’assiette de l’impôt sur le revenu français.
Pour un salarié américain habitué à un taux fédéral marginal de 37% (et sans prélèvements sociaux comparables), le choc fiscal peut être significatif. Pour un salarié britannique, la différence est moins marquée : le taux marginal britannique de 45% est comparable, et les prélèvements sociaux (National Insurance) existent aussi.
Vais-je être imposé deux fois sur mon salaire étranger ?
Non : la convention fiscale bilatérale entre la France et votre pays d’origine prévoit un mécanisme de crédit d’impôt (tax credit), l’impôt payé dans un pays venant en déduction de l’impôt dû dans l’autre. La convention franco-américaine attribue le droit d’imposer les revenus salariaux au pays où le travail est effectué, c’est-à-dire la France si vous télétravaillez depuis Paris.
La convention franco-britannique suit une logique similaire. Mais les détails varient d’une convention à l’autre, et certaines situations (revenus de source multiple, stock-options, RSU) nécessitent une analyse fine. Un fiscaliste spécialisé en mobilité internationale est un investissement nécessaire, comptez 1 000 à 3 000 € pour un audit fiscal complet de votre situation.
Le télétravail crée-t-il un établissement stable en France ?
Il le peut : un salarié qui travaille de manière permanente depuis un pays autre que celui de son employeur peut créer un « établissement stable » (permanent establishment) pour cet employeur dans son pays de résidence. Concrètement, si vous télétravaillez depuis Paris pour une entreprise basée à San Francisco, votre activité régulière en France peut obliger votre employeur à se conformer au droit du travail français, à payer des cotisations sociales françaises, voire à déclarer une activité en France.
C’est un risque que beaucoup de télétravailleurs internationaux sous-estiment, et que beaucoup d’employeurs découvrent trop tard. Trois solutions existent et sont désormais bien rodées : le portage salarial, l’Employer of Record et le contrat local.
Le portage salarial
Le portage salarial (umbrella company) est la solution la plus courante. Une société de portage française vous embauche formellement en CDI ou CDD, facture votre employeur étranger, et vous verse un salaire français avec toutes les cotisations sociales obligatoires. Le coût est de 5 à 12% du chiffre d’affaires facturé. L’avantage : vous obtenez des bulletins de salaire français et des cotisations sociales françaises : deux éléments essentiels pour le crédit immobilier.
L’Employer of Record (EOR)
Les plateformes comme Deel, Remote ou Oyster jouent le même rôle que le portage salarial, avec une dimension internationale plus structurée. Elles emploient le salarié en France au nom de l’employeur étranger, gèrent les obligations sociales et fiscales, et facturent l’entreprise cliente. Le coût mensuel varie de 300 à 600 €.
Le contrat local
Certaines entreprises internationales préfèrent créer un contrat de travail local : soit via une filiale française existante, soit via la création d’une entité en France. C’est la solution la plus structurante et la plus pérenne, mais aussi la plus lourde administrativement pour l’employeur.
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Le télétravail change-t-il l’accès au crédit immobilier ?
Oui, dans les deux sens. Avec des bulletins de salaire français, obtenus via le portage ou un contrat local, vous accédez aux conditions résidents (3,0 à 3,5% sur 20 ans en 2026, apport de 10 à 15%) ; sans structure française, les banques traitent votre dossier comme celui d’un non-résident (3,2 à 3,8%, apport de 20 à 30%), même si vous vivez à Paris.
| Condition de crédit | Avec bulletins de salaire français | Sans structure française |
|---|---|---|
| Taux sur 20 ans en 2026 | 3,0 à 3,5 % | 3,2 à 3,8 % |
| Apport minimum exigé | 10 à 15 % | 20 à 30 % |
| Durée maximale | Jusqu’à 25 ans | Généralement plus courte |
Sur un achat à 600 000 €, l’écart d’apport représente 60 000 à 90 000 € à sortir en plus. C’est ce montant, bien plus que l’écart de taux, qui décide si le projet est finançable, et il explique pourquoi la structuration du contrat de travail se règle avant la recherche du bien, jamais après.
Trois solutions permettent d’obtenir ces bulletins de salaire français.
| Solution | Coût |
|---|---|
| Portage salarial | 5 à 12 % du chiffre d’affaires facturé |
| Plateforme d’emploi international (Deel, Remote, Oyster) | 300 à 600 € par mois |
| Audit fiscal complet par un spécialiste de la mobilité | 1 000 à 3 000 €, une fois |
Le crédit immobilier : un accès facilité sous conditions
Si vous devenez résident fiscal français avec des bulletins de salaire français (via le portage ou un contrat local), vous accédez aux conditions de crédit immobilier résidents : taux plus bas (entre 3,0 et 3,5% sur 20 ans en 2026, contre 3,2 à 3,8% pour un non-résident), apport minimum réduit (10-15% contre 20-30%), et durées allant jusqu’à 25 ans.
En revanche, si vos revenus restent versés par une entreprise étrangère sans structure française, les banques traitent votre dossier comme celui d’un non-résident : même si vous vivez à Paris. La clé est le mode de financement : un dossier solide avec des revenus localisés en France ouvre des portes que des revenus en devises étrangères ne permettent pas.
Le budget immobilier du télétravailleur à Paris
Les télétravailleurs internationaux qui s’installent à Paris ont généralement des revenus supérieurs à la moyenne parisienne : surtout s’ils conservent un salaire calibré sur le marché américain, suisse ou londonien. Le budget moyen de nos clients télétravailleurs se situe entre 600 000 et 1 200 000 €, ciblant des 3 ou 4 pièces avec un espace bureau dédié.
Le critère de l’espace bureau est devenu aussi structurant que le nombre de chambres. Un appartement de 75 m² avec trois pièces dont aucune ne peut accueillir un poste de travail confortable perd de l’attrait face à un 80 m² avec un vrai bureau : même s’il est situé dans un arrondissement moins coté.
Quels quartiers parisiens conviennent le mieux au télétravail ?
Quatre reviennent dans nos mandats : le Marais (3e-4e) pour le cadre de vie et les coworkings, Saint-Germain-des-Prés (6e) pour le calme, le 9e pour l’équilibre entre prix et centralité, le 16e pour les familles. Les prix médians vont de 11 000 €/m² dans le 9e et le 16e à 14 500 €/m² dans le 6e (données DVF, millésime avril 2026).
Le Marais (3e-4e arrondissements)
Le lifestyle, les restaurants, la proximité des espaces de coworking (WeWork Marais, Station F à proximité), et l’ambiance cosmopolite en font le quartier naturel des digital nomads installés. Prix médian : 12 200-13 000 €/m² (moyenne 13 200-14 200 €). L’inconvénient : la taille des appartements : trouver un 3 pièces avec bureau dans le Marais relève du défi.
Saint-Germain-des-Prés (6e arrondissement)
Le calme studieux, les cafés historiques reconvertis en espaces de travail informels, et la beauté du cadre attirent les télétravailleurs qui recherchent une qualité de vie sans compromis. Prix médian : 14 500 €/m² (moyenne 16 400 €). C’est l’arrondissement le plus cher de Paris, mais la demande internationale y est constante.
Le 9e arrondissement
Dynamique, central, bien desservi par le métro, le 9e offre un équilibre entre vie de quartier et accès aux espaces de coworking de la rive droite. Prix médian : 11 000 €/m² (moyenne 12 100 €) : plus accessible que la rive gauche pour des surfaces équivalentes. Les rues autour de la rue des Martyrs et de la rue de Maubeuge concentrent cafés, commerces et une vraie vie de village.
Le 16e arrondissement
Pour les familles de télétravailleurs avec enfants, le 16e reste le choix de prédilection : écoles internationales à proximité (Lycée Janson de Sailly, École Active Bilingue), espaces verts (Bois de Boulogne, Jardins du Trocadéro), grands appartements familiaux. Prix médian : 11 000 €/m² (moyenne 11 800 €).
Comment un chasseur évalue-t-il un appartement pour le télétravail ?
Sur quatre critères ajoutés à notre grille d’évaluation depuis 2021 : la luminosité naturelle du bureau potentiel, la qualité de la connexion fibre dans l’immeuble, l’isolation phonique (critère crucial en télétravail dans un immeuble ancien), et la possibilité de séparer l’espace professionnel de l’espace de vie. Chez Home Select, nos 16 chasseurs d’appartement les évaluent systématiquement.
Avec un délai moyen de recherche de 45 jours et plus de 1 200 mandats depuis 2011, notre méthode est calibrée pour des profils exigeants qui savent précisément ce qu’ils veulent, et qui n’ont pas le temps de chercher eux-mêmes. Le guide complet de l’achat à Paris pour les étrangers et notre analyse des meilleurs quartiers pour les expatriés complètent cette réflexion pour les télétravailleurs internationaux qui font de Paris leur nouvelle base.
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Sources
Questions fréquentes
01 Si je travaille à distance depuis Paris pour une entreprise américaine, suis-je résident fiscal français ?
Si vous séjournez plus de 183 jours par an en France, vous êtes considéré comme résident fiscal français et imposable en France sur vos revenus mondiaux. La convention fiscale franco-américaine prévoit des mécanismes pour éviter la double imposition, mais votre employeur devra peut-être adapter votre situation contractuelle.
02 Mon employeur étranger doit-il créer une entité en France si je télétravaille depuis Paris ?
Si vous travaillez de manière permanente depuis la France, votre activité peut créer un 'établissement stable' pour votre employeur, déclenchant des obligations fiscales et sociales en France. Les solutions incluent le portage salarial, la création d'un contrat local, ou le recours à un employer of record (EOR).
03 Le télétravail depuis Paris facilite-t-il l'accès au crédit immobilier français ?
Si vous devenez résident fiscal français, vous accédez aux conditions de crédit résidents (taux plus bas, apport réduit). En revanche, les banques examinent la stabilité de vos revenus : un contrat étranger sans garantie de présence en France peut compliquer l'instruction du dossier.
04 Quels quartiers parisiens sont les plus adaptés au télétravail ?
Le Marais (3e-4e) pour le cadre de vie et la proximité des coworking, le 6e pour le calme studieux, le 9e pour le dynamisme et les cafés-bureaux, le 11e pour les espaces de coworking abordables. Le critère clé : un appartement avec un espace bureau dédié, devenu aussi important que le nombre de chambres.