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L'IFI pour les non-résidents : êtes-vous concerné ?

Oui, dès 1,3 million d'euros de patrimoine immobilier net situé en France au 1er janvier. Les biens détenus à l'étranger restent hors de l'assiette.

Documents fiscaux et déclaration d'impôt sur un bureau élégant

L'essentiel

En 2026, un non-résident est redevable de l'IFI dès que son patrimoine immobilier net situé en France dépasse 1,3 million d'euros au 1er janvier : seuls les biens français entrent dans l'assiette, pas le patrimoine immobilier à l'étranger. La dette immobilière est déductible, si bien qu'un bien de 1,6 million financé avec 400 000 euros d'emprunt passe sous le seuil, et la nue-propriété temporaire permet d'investir sans alourdir l'assiette. Home Select, chasseur d'appartement à Paris depuis 2011 et membre de la FCI, oriente ses 1 200+ acquéreurs internationaux vers des fiscalistes pour structurer leur détention, avec ses 16 chasseurs.

Points clés

  • Pour les non-résidents, seuls les biens immobiliers situés en France entrent dans l'assiette IFI, pas le patrimoine immobilier à l'étranger.
  • L'abattement de 30 % sur la résidence principale ne s'applique pas aux non-résidents, car aucun bien français n'est leur résidence principale au sens fiscal.
  • La dette immobilière est déductible de l'assiette IFI : un bien de 1,6 million d'euros financé avec 400 000 euros d'emprunt passe sous le seuil d'imposition.
  • L'investissement en nue-propriété temporaire (15 à 20 ans) permet d'investir à Paris sans alourdir l'assiette IFI pendant la durée du démembrement.

Un acheteur britannique nous a demandé, lors de la recherche d’un second bien à Paris : « Y a-t-il un wealth tax en France ? » La réponse est oui, mais avec des nuances importantes que la terminologie anglaise ne traduit pas. L’IFI, Impôt sur la Fortune Immobilière (Wealth Tax on Real Estate), est un impôt spécifiquement français, qui ne porte que sur le patrimoine immobilier, et dont les règles pour les non-résidents diffèrent sensiblement de celles applicables aux résidents.

Qu’est-ce que l’IFI et à partir de quel montant s’applique-t-il ?

L’IFI frappe le patrimoine immobilier net supérieur à 1 300 000 €, apprécié au 1er janvier de chaque année, après déduction des emprunts en cours. Si votre patrimoine immobilier net en France était de 1 350 000 € au 1er janvier 2026, vous êtes redevable de l’IFI pour 2026.

L’IFI a remplacé l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) en 2018. La différence fondamentale : l’ISF taxait l’ensemble du patrimoine (immobilier, financier, mobilier), tandis que l’IFI ne porte que sur le patrimoine immobilier. Les placements financiers, les comptes bancaires, les actions, les assurances-vie sont totalement exclus de l’assiette IFI. Pour un investisseur dont le patrimoine est majoritairement financier, cette réforme a été un changement majeur. Pour un propriétaire immobilier, l’impact est resté similaire.

Quels biens entrent dans l’assiette IFI d’un non-résident ?

Seuls les biens immobiliers situés en France. Votre maison à Londres, votre appartement à New York, votre villa à Dubaï n’entrent pas dans le calcul de l’IFI.

Pour les non-résidents, le périmètre est donc strictement territorial. C’est une différence notable avec le régime des résidents fiscaux français, qui doivent déclarer leur patrimoine immobilier mondial.

Les biens concernés incluent les propriétés détenues en direct (appartements, maisons, terrains), les parts de SCI ou de toute société détenant de l’immobilier français (proportionnellement à la fraction immobilière), les droits réels immobiliers (usufruit, nue-propriété dans certains cas), et les biens immobiliers détenus via des contrats d’assurance-vie ou des trusts (le droit français assimile le trust à la propriété effective du constituant).

Les exclusions : les biens immobiliers professionnels (utilisés dans le cadre d’une activité professionnelle), les forêts et bois sous engagement de gestion durable (abattement de 75%), et les parts de foncières cotées (SIIC) si la participation est inférieure à 5%.

Combien coûte l’IFI selon le montant du patrimoine ?

Pour un patrimoine immobilier net en France de 1 500 000 €, l’IFI s’élève à 3 900 € par an. Il atteint 10 900 € pour 2 500 000 € et environ 35 700 € pour 5 000 000 €.

Le barème s’applique à partir de 800 000 € (et non 1 300 000 €) : c’est une subtilité du mécanisme de décote. Vous n’êtes imposable que si votre patrimoine dépasse 1 300 000 €, mais une fois imposable, le barème démarre à 800 000 €.

Les tranches sont les suivantes : 0,5% de 800 000 à 1 300 000 €, 0,7% de 1 300 000 à 2 570 000 €, 1% de 2 570 000 à 5 000 000 €, 1,25% de 5 000 000 à 10 000 000 €, et 1,5% au-delà de 10 000 000 €. Le calcul se fait tranche par tranche : à 1 500 000 €, 500 000 € sont taxés à 0,5% (2 500 €) et 200 000 € à 0,7% (1 400 €), soit 3 900 €.

Ces montants peuvent paraître modestes rapportés à la valeur du patrimoine, mais ils s’additionnent année après année, et s’ajoutent aux autres impôts fonciers (taxe foncière, revenus fonciers, plus-value à terme).

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Quels sont les pièges de l’IFI pour un non-résident ?

Trois pièges reviennent systématiquement : l’abattement de 30% sur la résidence principale, qu’un non-résident ne peut jamais obtenir ; la SCI, qui ne fait aucun écran ; et le démembrement, où c’est l’usufruitier qui déclare la pleine valeur du bien.

Le piège de la résidence principale

La résidence principale bénéficie d’un abattement de 30% sur sa valeur pour le calcul de l’IFI. C’est un avantage significatif : un appartement de 2 millions d’euros n’entre dans l’assiette IFI que pour 1,4 million si c’est votre résidence principale effective. Mais pour un non-résident, aucun bien français n’est la résidence principale : par définition. Un pied-à-terre parisien utilisé trois mois par an, même meublé et entretenu, n’est pas une résidence principale au sens fiscal. L’abattement de 30% ne s’applique pas.

Le piège de la SCI transparente

Détenir un bien via une SCI ne permet pas d’échapper à l’IFI. Les parts de SCI détenant de l’immobilier français sont intégrées à l’assiette IFI proportionnellement à la valeur immobilière nette de la société. Si la SCI détient un appartement de 1,5 million d’euros avec un emprunt de 300 000 €, vos parts sont valorisées à 1,2 million d’euros au titre de l’IFI.

Le piège du démembrement mal calibré

Le principe est le suivant : en cas de démembrement de propriété, c’est l’usufruitier (holder of the right of use) qui déclare la pleine valeur du bien dans son assiette IFI. Le nu-propriétaire (bare owner) n’est pas redevable de l’IFI sur ce bien. C’est un levier puissant pour la transmission, mais si vous conservez l’usufruit d’un bien de 2 millions d’euros, vous le déclarez en totalité, sans décote.

Comment réduire légalement son assiette IFI ?

La dette immobilière est déductible : c’est le levier le plus direct. Un patrimoine immobilier de 1 600 000 € financé avec 400 000 € d’emprunt descend à 1 200 000 € net, sous le seuil d’imposition. La nue-propriété temporaire et la donation avec réserve d’usufruit complètent la panoplie, avec des effets très différents.

Le financement par emprunt

La dette immobilière est déductible de l’assiette IFI. C’est le levier le plus direct et le plus efficace. Un patrimoine immobilier de 1 600 000 € financé avec 400 000 € d’emprunt descend à 1 200 000 € net : sous le seuil d’imposition. Le financement d’un achat immobilier en tant que non-résident prend ici une dimension patrimoniale supplémentaire : emprunter n’est pas seulement une question de trésorerie, c’est aussi un outil d’optimisation fiscale.

Attention : depuis la réforme de 2018, les emprunts déductibles sont soumis à un plafond. Les prêts in fine (bullet loans) adossés à des contrats d’assurance-vie font l’objet d’un amortissement théorique linéaire pour le calcul de la dette déductible. Le mécanisme est technique : un conseiller fiscal spécialisé est indispensable.

La nue-propriété temporaire

L’investissement en nue-propriété consiste à acquérir la nue-propriété d’un bien dont l’usufruit est détenu par un tiers (souvent un bailleur social) pour une durée déterminée (15 à 20 ans). Pendant cette période, le nu-propriétaire n’est pas redevable de l’IFI sur ce bien, ne perçoit aucun loyer, et ne supporte aucune charge. À l’issue du démembrement, il récupère la pleine propriété sans frais supplémentaires. C’est un véhicule d’investissement particulièrement adapté aux contribuables soumis à l’IFI qui souhaitent investir à Paris sans alourdir leur assiette fiscale.

La donation avec réserve d’usufruit : un arbitrage à faire

Donner la nue-propriété à vos enfants tout en conservant l’usufruit est une stratégie de transmission anticipée. Pour l’IFI, c’est à double tranchant : vous restez redevable de l’IFI sur la pleine valeur du bien (en tant qu’usufruitier), mais vous réduisez votre patrimoine successoral. L’intérêt est avant tout successoral, pas IFI.

Une convention fiscale peut-elle vous exonérer de l’IFI ?

Rarement. La plupart des conventions bilatérales françaises attribuent le droit d’imposer les biens immobiliers au pays où ils se situent : la France peut donc taxer votre patrimoine immobilier français même si vous résidez dans un pays conventionné.

Vérifiez tout de même systématiquement si votre pays de résidence a signé une convention fiscale avec la France couvrant l’impôt sur le patrimoine (wealth tax treaty). Certaines conventions prévoient un crédit d’impôt ou une élimination de la double imposition si votre pays de résidence impose également le patrimoine.

Les pays anglo-saxons (États-Unis, Royaume-Uni) ne pratiquent pas d’impôt annuel sur le patrimoine net : la question de la double imposition ne se pose donc généralement pas. En revanche, pour les résidents suisses, espagnols, ou norvégiens (qui ont un impôt sur la fortune), la convention fiscale est un document essentiel à examiner avec votre conseiller.

Comment déclarer l’IFI quand on vit à l’étranger ?

Avec le formulaire 2042-IFI, joint à la déclaration de revenus 2042 principale, déposé en ligne sur impots.gouv.fr en mai de chaque année. Chaque bien est déclaré individuellement avec son adresse, sa valeur vénale estimée au 1er janvier, et les emprunts en cours.

L’estimation de la valeur vénale (fair market value) est de la responsabilité du contribuable. Il n’existe pas de base officielle de valeurs IFI, vous devez estimer vous-même la valeur de marché de vos biens. Les outils disponibles incluent les références notariales (base DVF, Demandes de Valeurs Foncières), les estimations en ligne (MeilleursAgents, Seloger), et les évaluations professionnelles. En cas de contrôle fiscal, l’administration peut contester votre estimation : d’où l’importance de documenter votre méthode.

Chez Home Select, notre connaissance du marché parisien arrondissement par arrondissement, appuyée sur plus de 1 200 transactions depuis 2011, nous permet d’orienter nos clients vers des estimations de valeur fiables et défendables. La question de l’IFI se pose dès que le budget d’achat dépasse le million d’euros, et elle mérite d’être intégrée dans la stratégie patrimoniale globale, aux côtés de la résidence secondaire ou du pied-à-terre.

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Questions fréquentes

01 À partir de quel montant un non-résident est-il redevable de l'IFI en France ?

Le seuil est de 1 300 000 € de patrimoine immobilier net situé en France (après déduction des emprunts en cours). Seuls les biens immobiliers français sont pris en compte pour les non-résidents : votre patrimoine immobilier à l'étranger n'entre pas dans le calcul.

02 Un appartement détenu via une SCI est-il soumis à l'IFI ?

Oui, les parts de SCI détenant de l'immobilier français sont incluses dans l'assiette IFI, proportionnellement à la valeur immobilière nette de la société. La SCI ne permet pas d'échapper à l'IFI, mais d'autres stratégies (financement par emprunt, démembrement) peuvent réduire l'assiette taxable.

03 L'abattement de 30% sur la résidence principale s'applique-t-il à un pied-à-terre parisien ?

Non. L'abattement de 30% est réservé à la résidence principale effective du contribuable. Un pied-à-terre, même utilisé fréquemment, n'est pas une résidence principale au sens fiscal. Pour les non-résidents, aucun bien français ne bénéficie de cet abattement.

04 Comment l'emprunt immobilier réduit-il l'IFI ?

La dette immobilière est déductible de l'assiette IFI. Un bien de 1,5 million d'euros financé avec 500 000 € d'emprunt n'entre dans l'assiette IFI que pour 1 million d'euros net. C'est un levier puissant : un financement à 40% peut faire passer un patrimoine sous le seuil d'imposition.