En 2026, la SCI (société civile immobilière) permet à un acheteur étranger de détenir un bien parisien via des parts, avec au minimum deux associés, et de transmettre 100 000 € par enfant tous les 15 ans en franchise de droits. Sa création se fait entièrement à distance en 3 à 6 semaines pour 1 500 à 3 000 €, plus 1 000 à 2 000 € de comptabilité annuelle ; mieux vaut la créer avant l'achat car l'apport d'un bien déjà acquis génère 5 % de droits de mutation. Certaines banques refusent les SCI avec un associé américain (FATCA), HSBC France et BNP International acceptant ces dossiers. Home Select, chasseur d'appartement à Paris depuis 2011 avec 1 200+ acquéreurs accompagnés de plus de 30 nationalités, oriente ses clients vers la bonne structure avant l'achat.
Points cles
- La SCI necessite au minimum deux associes et permet de transmettre des parts progressivement avec un abattement de 100 000 euros par enfant tous les 15 ans
- La creation est realisable entierement à distance en 3 à 6 semaines pour 1 500 à 3 000 euros
- Certaines banques françaises refusent les SCI avec un associe americain (contraintes FATCA), HSBC France et BNP International acceptent ces dossiers
- L'apport d'un bien déjà acquis en nom propre à une SCI génère 5 % de droits de mutation : mieux vaut créer la SCI avant l'achat
La SCI, Société Civile Immobilière (French Civil Real Estate Company), revient dans presque toutes les conversations que nous avons avec des acheteurs étrangers. Notaires, banquiers, avocats fiscalistes : chacun à un avis, parfois contradictoire, sur l’opportunité de créer une SCI pour acquérir un bien à Paris. Après plus de 1 200 mandats chez Home Select, dont une proportion croissante de clients internationaux, nous avons une certitude : la SCI est un outil puissant, mais pas universel. Elle résout certains problèmes avec élégance et en crée d’autres si elle est mal calibrée.
Le principe de la SCI : détenir des parts, pas un immeuble
Le mécanisme est simple dans son principe. Au lieu d’acheter un appartement parisien en votre nom propre (ou au nom d’un couple), vous créez une société française, la SCI, qui achète le bien. Vous et vos éventuels co-associés détenez des parts de cette société. Le bien appartient à la société, pas à vous directement.
Cette distinction entre propriété directe et propriété via une société ouvre des possibilités en matière de transmission, de gestion multi-propriétaires et de protection patrimoniale que la détention en nom propre ne permet pas : ou permet moins efficacement.
La SCI nécessite au minimum deux associés. Un seul associé ne suffit pas : c’est une différence fondamentale avec la LLC américaine (Limited Liability Company) ou la SPV britannique (Special Purpose Vehicle), qui peuvent être unipersonnelles. En pratique, les deux associés sont souvent les deux membres d’un couple, un parent et un enfant, ou deux investisseurs.
Les avantages concrets pour un acheteur étranger
Transmission facilitée
C’est l’argument principal. Transmettre des parts de SCI est juridiquement et fiscalement plus souple que transmettre un immeuble. Les parts sont divisibles : vous pouvez donner 10%, 20% ou 50% de la société à vos enfants, progressivement, en utilisant l’abattement de 100 000 € par enfant tous les 15 ans. Donner 10% d’un immeuble en indivision est techniquement possible mais beaucoup plus complexe et coûteux.
La question de la succession pour les expatriés est souvent le déclencheur de la création d’une SCI. Un couple américain avec deux enfants, propriétaire d’un appartement à 1,5 million d’euros via une SCI, peut transmettre 400 000 € de parts tous les 15 ans en franchise totale de droits : et conserver le contrôle de gestion via la gérance.
Gestion multi-propriétaires simplifiée
Quand l’achat implique plusieurs personnes, un couple non marié, des frères et sœurs, des associés, la SCI évite les pièges de l’indivision (co-ownership by undivided shares). En indivision, chaque décision importante requiert l’unanimité des indivisaires, et chacun peut demander le partage à tout moment : ce qui peut forcer une vente. Dans une SCI, les statuts définissent les règles de gouvernance : majorité simple ou qualifiée pour les décisions courantes, pouvoirs du gérant, conditions de cession des parts. La souplesse est considérable.
Protection du patrimoine personnel
Les créanciers personnels d’un associé ne peuvent pas saisir directement le bien détenu par la SCI : ils ne peuvent saisir que ses parts. C’est une protection relative (la SCI n’est pas une société commerciale à responsabilité limitée), mais elle constitue un écran supplémentaire, utile dans certaines configurations patrimoniales complexes.
Les inconvénients à connaître
Le coût de fonctionnement
La SCI n’est pas gratuite. La création coûte 1 500 à 3 000 € (rédaction des statuts par un professionnel, frais de greffe, publication d’annonce légale). Ensuite, la comptabilité annuelle est obligatoire : 1 000 à 2 000 €/an chez un expert-comptable. L’assemblée générale annuelle des associés doit être tenue et consignée dans un procès-verbal. Pour un bien de 500 000 €, ces frais annuels représentent 0,2 à 0,4% de la valeur : un coût qui s’accumule sur 20 ou 30 ans de détention.
La transparence fiscale (SCI à l’IR)
Par défaut, la SCI est « transparente » fiscalement : elle n’est pas elle-même imposée. Les revenus et les charges remontent aux associés, proportionnellement à leurs parts. Si le bien est loué, chaque associé déclare sa quote-part de revenus fonciers (rental income) dans sa déclaration personnelle. Pour un non-résident, ces revenus fonciers français sont soumis au prélèvement minimum de 20% (ou au taux effectif global si celui-ci est inférieur) : le même régime que pour une détention en nom propre.
Le piège de la SCI à l’IS
L’option pour l’impôt sur les sociétés (corporate income tax) est tentante pour un investissement locatif : elle permet d’amortir le bien (comme en LMNP), ce qui réduit considérablement le résultat imposable pendant les premières années. Mais le piège se referme à la revente. La plus-value est calculée sur la valeur comptable nette : c’est-à-dire la valeur d’achat moins les amortissements pratiqués. Après 20 ans d’amortissement, la valeur comptable est proche de zéro, et la plus-value imposable correspond presque au prix de vente total. La taxation est alors de 25% (taux de l’IS en 2026) plus l’impôt sur la distribution aux associés. Le résultat peut être sensiblement supérieur à ce qu’aurait coûté une détention en nom propre avec le régime des plus-values des particuliers (qui bénéficie d’abattements pour durée de détention).
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SCI à l’IR vs SCI à l’IS : le tableau de décision
Le choix entre l’IR (income tax) et l’IS (corporate tax) dépend de l’usage du bien et de l’horizon de détention.
Pour une résidence principale ou secondaire, la SCI à l’IR est presque toujours préférable. Le bien n’est pas loué (donc pas de revenus fonciers à déclarer), et la plus-value à la revente bénéficie du régime des particuliers : abattement progressif à partir de la 6e année de détention, exonération totale d’impôt après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans.
Pour un investissement locatif détenu à long terme (>20 ans), la SCI à l’IS mérite d’être étudiée si l’objectif est de capitaliser les loyers dans la société sans les distribuer. Si l’objectif est de revendre à moyen terme (<15 ans), la SCI à l’IR est généralement plus avantageuse grâce aux abattements pour durée de détention sur la plus-value.
Un fiscaliste spécialisé en droit immobilier des non-résidents pourra modéliser les deux scénarios avec vos paramètres réels : un exercice que nous recommandons systématiquement avant toute décision.
Pour qui la SCI est pertinente : et pour qui elle ne l’est pas
La SCI est un outil adapté dans plusieurs configurations : un couple non marié (y compris pacsé) qui souhaite sécuriser les droits de chacun, une famille avec un objectif de transmission intergénérationnelle, un investisseur détenant ou prévoyant de détenir plusieurs biens en France, et des associés qui achètent ensemble avec des règles de gouvernance claires.
La SCI n’est pas pertinente pour un couple marié sous le régime de la communauté qui achète sa résidence principale. Dans ce cas, l’achat en nom propre offre les mêmes protections patrimoniales (le conjoint survivant bénéficie de l’exonération totale de droits de succession), sans les coûts de fonctionnement de la SCI. Elle n’est pas non plus adaptée pour un achat simple, sans objectif de transmission ni de multipropriété : les frais annuels de gestion ne se justifient pas.
Le cas spécifique des résidents américains : FATCA
La réglementation FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act) impose aux banques françaises de déclarer au fisc américain les comptes détenus par des citoyens ou résidents américains : y compris les comptes de sociétés dont un associé est américain. En pratique, plusieurs banques françaises refusent purement et simplement d’ouvrir des comptes pour des SCI avec un associé soumis à FATCA. Le refus n’est pas lié à la légalité de l’opération, mais au coût de conformité réglementaire que la banque ne souhaite pas assumer.
Les banques qui acceptent ces dossiers sont identifiées : HSBC France (habituée aux clients internationaux), BNP Paribas via son réseau international, et certaines banques privées. Le délai d’ouverture de compte est plus long : comptez 4 à 8 semaines contre 2 à 3 pour un dossier standard. Nos chasseurs immobiliers orientent systématiquement nos clients américains vers les bonnes interlocuteurs bancaires pour éviter les blocages en cours de transaction.
Créer une SCI depuis l’étranger : la procédure
La création d’une SCI est entièrement réalisable à distance. La procédure se déroule en cinq étapes. La rédaction des statuts est confiée à un notaire ou un avocat : comptez 800 à 2 000 € pour des statuts sur mesure. Le dépôt du capital social (un euro minimum, mais 1 000 € sont recommandés pour la crédibilité bancaire) nécessite un compte bancaire provisoire. L’immatriculation au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés : Trade and Companies Register) prend 5 à 10 jours ouvrés. La publication d’une annonce légale coûte 150 à 250 €. Enfin, l’obtention du Kbis (company registration certificate) finalise le processus.
L’ensemble prend 3 à 6 semaines : un délai compatible avec le calendrier d’un achat immobilier si vous l’anticipez. Chez Home Select, nous recommandons de lancer la création de la SCI dès la décision d’acheter, avant même d’avoir trouvé le bien, pour que la société soit opérationnelle au moment de signer le compromis de vente.
Notre expérience de plus de 1 200 mandats nous a appris que la question de la structure juridique de l’achat se pose tôt, et mérite une réponse réfléchie. La SCI n’est ni une formule magique ni une complication inutile : c’est un véhicule patrimonial dont l’utilité dépend de votre situation personnelle, familiale et fiscale. Ce que nous savons, après avoir accompagné des acheteurs de plus de 30 nationalités, c’est que la bonne structure choisie avant l’achat vaut infiniment mieux qu’une restructuration coûteuse après, et que le notaire spécialisé en droit international est votre meilleur allié dans cette décision.
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Sources
Questions fréquentes
Combien coûte la création d'une SCI en France pour un acheteur étranger ?
Comptez 1 500 à 3 000 € pour les frais de création (rédaction des statuts par un notaire ou avocat, immatriculation au RCS, publication d'annonce légale). S'y ajoutent les frais annuels de comptabilité de 1 000 à 2 000 €. Un acheteur étranger peut créer une SCI entièrement à distance avec un notaire français.
Un résident américain peut-il créer une SCI en France ?
Oui, mais certaines banques françaises refusent d'ouvrir des comptes pour des SCI dont un associé est soumis à la réglementation FATCA (citoyen ou résident américain). HSBC France et BNP Paribas International sont généralement plus ouvertes. Prévoyez un délai supplémentaire pour l'ouverture du compte bancaire.
Vaut-il mieux choisir une SCI à l'IR ou à l'IS pour un acheteur étranger ?
La SCI à l'IR (transparence fiscale) est préférable pour une résidence principale ou secondaire : les revenus sont imposés directement chez les associés et la plus-value bénéficie des abattements pour durée de détention. La SCI à l'IS est intéressante pour un investissement locatif grâce à l'amortissement, mais la plus-value à la revente est calculée sur la valeur amortie, ce qui augmente considérablement l'impôt de sortie.
Peut-on acheter en nom propre puis apporter le bien a une SCI plus tard ?
Oui, mais l'apport d'un bien immobilier à une SCI génère des droits de mutation de 5% sur la valeur du bien et une éventuelle plus-value imposable. Il est presque toujours plus économique de créer la SCI avant l'achat.